
IT'S TIME;
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imaginary crumbs — F.F.C.
londonien : A[S]PIDISTRA, de ceux qui se disent underground ou plus simplement différent, comme si cela avait un sens, et qui a sur quelques uns de ses compagnons souterrains internationaux l'avantage non-négligeable de suivre une parution tout ce qu'il y a de plus aléatoire. (le titre est probablement un jeu de mots douteux sur le thème orwellien à rebours de la surveillance et de l'œil constant, lié au double sens purement lexical que l'on peut entendre et/ou voir si l'on s'y penche un brin, en anglais comme en français d'ailleurs : d'un côté adiposité/adiposity, et de l'autre le terme apis, soit abeille, qui correspond probablement à la taille de guêpe recommandée et élégante, dans un contraste balourd de finesse et de graisse (à ce petit jeu, on peut également estimer qu'il fait rapport à la plante elle-même ou au roman d'Orwell en question et non pas à des thématiques, qu'il est question de l'Apis égyptien et de sa tête de taureau, ou que le début « AS » est une savante élision du second s de « ass » (de cul, donc), fait en tant qu'as (comme l'as de trèfle et le as (comme) anglais aussi) et qu'ass à la fois et peut-être la sous-entente d'also known as (a.k.a.) (alias), que le PI renvoie à « pee », soit pisse, ou peut-être au nombre pi et que la structure du magazine suit les décimales d'une manière codifiée, voire à « bee », donc abeille, ce qui colle avec l'apis que l'on peut voir dans les quatre premières lettres ; la fin peut signifier un éventail de choses allant de la distraction à la détresse en passant par l'astral ou l'évident distribution ; plus longuement pédestre ou désastre, strasbourg ou pédéraste, etc., et personne ne sait vraiment la raison du crochetage du premier S, peut-être une modification secrète qui ferait du titre réel quelque chose approximativement anagrammatique comme ART IS APIS, PISA IS DSASTR, ART IS ASPIC, PART. DISTRA~, ASPIC IS DART, SIR AT DIAPS (hein ?), ASIATIC DIAPRS, IS DAT PARIS ? (non, c'est Londres), etc.)). Malgré quelques différences sur le sujet pour lequel September est venue (la mode, pourquoi l'abricot ?) et qui indiffère Ewa (ben c'est joli c'est tout), un certain lien se noue rapidement autour d'une bouteille de cognac sortie de sa bienséance à petites doses ; disons qu'une amitié est en marche.

Janvier, sans ordre précis ;
Hunter x Hunter, vol. 25, avec sa distanciation de l'action totalement absurde et bandante, son jeu de miroirs concernant la réelle frustration de lecteurs, l'habituelle dilatation qui ici va jusqu'à annuler le rythme pour le redistribuer, dilatation qui se joint à celle de la parution dans un apex jouasse où chacun est obligé de sabrer les quelques secondes dans lesquelles tout passe ;
le ski et les crêpes, les unijambistes sur les pistes en nombre étonnant, les virages marrants, Mario Kart comme des débiles, les chinois dans le bus, le rhum étrange et ta petite version de ça (je sais que tu ne passeras jamais ici, c'est aussi pour ça que j'en parle, et puis tout va bien normalement) ;
KENTA vs. Kotaro Suzuki, le 25 pour le GHC Jr., des contres comme il faut, en séquence ou espacés, Genba sur le côté toujours drôle et chacal, Kotaro efficace en match comme en rôle, KENTA un peu plus haut, la violence des go 2 sleep et peut-être, oui, un petit candidat au MOTY ; Randy Orton dominant, pire encore ; le build-up ridiculement drôle et avorté entre Mickey Rourke et Chris Jericho ; très tôt dans le mois le main-event du WRESTLE KINGDOM III, bizarrement hypnotisant ;
Les plages d'Agnès, vu un peu tard, sans rien connaître, sans que ça gêne trop, ses choses parfois un peu désuètes et charmantes, sa qualité ; moindre mesure : les noces rebelles et Australia, pour quelques choses aussi, quelques moments, piqués dans l'ensemble ;
friends, saison un, pas revue depuis longtemps finalement, chaque épisode après l'autre, les vrais moments de comique, le dosage plus qu'adéquat entre ça et les histoires de chacun, les surprises de voir des cohérences mignonnes sur des éléments mineurs passant d'un épisode à l'autre, Ross ; pourquoi pas la reprise de Lost, même si ;
rien lu de détonnant finalement, rien de marquant—il faudrait se tourner vers décembre : Motorman, the broom of the system—, même Arbre de fumée qui m'a laissé de marbre la plupart du temps, préférant à la limite, même si je ne l'ai pas fait, repartir sur Cioran quand il était cité ;

Il y a toute une flopée de gens, de mecs, de gugusses nés disons dans la deuxième moitié des années quatre-vingt, sûrement dans la première aussi (peut-être un peu après mais je ne peux pas me prononcer) on rigolait en voyant Cody dans notre belle famille le soir sur M6, à un autre moment de la journée ou du temps Parker Lewis était notre héros-copain (synchronisation des montres !) et Kubiac un gros rigolo, le mercredi matin on était juste content de prendre son petit-déjeuner et d'aller se poser devant TF1 pour regarder Dragon Ball et autres trucs que nos parents et nos profs d'histoire-géo trouvaient particulièrement débiles. D'ailleurs, on a rouspété quand le Club Dorothée s'est arrêté, surtout qu'il ne restait pas énormément d'épisodes de Dragon Ball à diffuser, je crois. On avait aussi des magazines, des trucs sur Dragon Ball aussi, des fois un Spirou ou un Journal de Mickey, un Mickey Parade, un Super Picsou Géant ou un Picsou Magazine. Spirou on va le dégager de la liste parce que ça ne correspond pas. Enfin on lisait des histoires avec des canards ou des souris. Avec le temps on a perdu la majorité des choses qu'on avait lu dedans—avouons-le, à moins d'avoir encore moins de douze ans, y avait pas forcément grand-chose à sauver (surtout dans Mickey Parade en fait, c'était gentil mais ça allait pas beaucoup plus loin, ça marche peut-être si on n'est pas regardant sur le côté graphique, narratif, humoristique ou en général). On se souvient qu'il y avait pas mal de noms italiens et que dans Picsou Magazine on nous disait que les histoires de canards avaient un certain succès en Scandinavie. On n'a pas vraiment retenu les noms des mecs qui faisaient ça, plus ou moins bien. Ouais, plus ou moins. C'est "dispensable", comme on dit, les bonnes histoires camouflant le reste pas forcément homogène. En gros, on a retenu deux noms : Carl Barks, le créateur, l'instigateur, le monstre, et surtout Don Rosa, l'élève ou repreneur magistral. Surtout parce que peut-être le trait était plus clair, les couleurs plus nettes, l'ensemble plus foisonnant et dans l'absolu plus moderne. Les deux étaient ceux qui donnaient une âme à des canards. En fait, on se souvient principalement des histoires d'aventures et de chasse aux trésors, de tous les trésors possibles et imaginables (inclus dans un agrégat de cultures et de mythologies existantes), et de quelques histoires mythiques (Si Donald n'existait pas ?, chose magnifique sortie dans Le Journal de Mickey pour les 60 ans du personnage, je n'avais même pas huit ans), le reste on s'en rappelle de plus loin, tout ça finalement centré autour de La Jeunesse de Picsou. On avait d'ailleurs, au milieu de choses imputables à la fins de la décennie, religieusement acheté notre exemplaire complet (à l'époque, 15 épisodes dans un volume) de La Jeunesse, en 1998. On grandit avec, on commence à voir que le découpage de Don Rosa est parfois bancal au début de l'histoire, que les ellipses minuscules des entre-cases sont pataudes, qu'à un certain niveau, certaines cases s'enclenchent mal, un décalage absurde, mais on s'en fiche, ça ne dure pas, c'est toujours au début, on ne sait pas vraiment s'il y a changement rapide ou si on est déjà embarqué dans l'histoire ; à notre petit niveau de gamin on commence peut-être à comprendre que "l'œuvre parfaite" n'a aucun intérêt et que le tout primera toujours, tant pis si les parties sont inégales.
On continue à grandir. On a Internet. On découvre que Carl Barks a un astéroïde à son nom, que Donald Duck est classé 7ème au Top 100 du Comics Journal, Scrooge McDuck (soit Picsou) en 20ème. On sait pas trop si ça vaut quelque chose mais c'est déjà ça. On s'aperçoit aussi qu'en 1995 Don Rosa a reçu un Eisner Award de la "best serialized series" pour La Jeunesse, dont on apprend au passage qu'elle se nomme The Life and Times of Scrooge McDuck et qu'il y a sûrement un paquet de nominations perdues dans l'indifférence de chacun. Même chose, on ne sait pas si ça avance à grand-chose, mais ça montre si besoin était que d'aucuns hauts placés savent que ce mec sait faire ce qu'il fait. Enfin voilà, on aime toujours. Le truc, c'est qu'à moins de tomber sur des gens qui ont connu ça comme nous, les gens à qui on en parle nous regardent avec perplexité. — Picsou ? Sérieux ? Ce truc avec des canards anthropomorphes ? La bande à Picsou (wou-hou) ? Même les gens qui ont fini par se convaincre que les mangas n'étaient pas forcément un ramassis indéfini de merdes interchangeables, plus par dépit indifférent qu'autre chose d'ailleurs, haussent les sourcils. Enfin on s'en fiche, dans le tas on a vu que certains comprenaient aussi, même si on est triste depuis quelques mois : Don Rosa, souffrant de l'œil et apparemment mal payé, ne fera plus de Disney.
La Jeunesse de Picsou, c'est quoi au fait ? 18 histoires s'éparpillant entre 1877 (il naît en 1867) et le début du vingtième, les deux derniers épisodes allant jusqu'en 1930 puis un triste Noël de 1947, racontant la façon chaotique dont Picsou est devenu le canard le plus riche du monde. En se basant sur diverses anecdotes placées ci ou là dans la bouche de Picsou par Carl Barks et en remplissant les blancs, Don Rosa décide de nous montrer ce qui a conduit le jeune Balthazar, écossais (prédisposition à la pingrerie) cireur de chaussures, à être un vieil acariâtre enfoncé dans son fauteuil (la début de l'épisode 12, dernier chronologique, avant le rappel à l'aventure que sonne l'apparition de Donald (neveu) et de ses propres neveux, ouvrant une sorte de paradoxe banal du héros figé dans le temps : jusqu'en 1947, Picsou grandit, vieillit, à partir de 1947, Picsou est comme immobilisé dans le temps, y compris rétrospectivement et/ou pour les histoires d'autres auteurs), en passant par une flopée de pays et de métiers temporaires, d'escrocs et de rencontres fabuleuses. Ça pue l'aventure, le voyage, le grandiose et l'érudition gentillette mêlant le canard à des événements plus ou moins importants, l'humour est omniprésent, les cases sont pleines de détails sans être réellement chargées (disons que même Eiichiro Oda, pourtant grand professionnel en ce domaine, doit s'incliner), c'est fluide, drôle et ça sait être poignant. Un canard peut être poignant. L'évolution mentale du personnage, son rapport à l'argent (le pivot de sa richesse, au Klondike) (l'argent pour ce qu'il est et pour ce qu'il représente, pour ce qu'il peut expliquer de lui) ou sa relation conflictuelle avec Goldie, sa tristesse devant l'impossibilité de réussir son choix.
Et puis hé, il y a déjà un moment, on a appris que les gens de Picsou Magazine allaient sortir des volumes regroupant tout ce qu'avait fait Don Rosa sur Picsou, Donald et autres habitants du coin. D'abord deux volumes de la Jeunesse, puis le reste, plus ou moins chronologiquement. Au départ c'était étrange de se dire qu'on allait retourner chez "ton marchand de journaux" pour lui prendre un exemplaire de Picsou Magazine. Puis voilà. A vrai dire, il n'est pas précisé que c'est une intégrale, ou même une intégrale des histoires faisant plus de dix pages. On le suppute, mais en dehors de quelques un personne n'ira comparer avec les listes officielles. Plus globalement rien n'est vraiment précis, les histoires sont dans un ordre indéfini. Ce n'est pas un bel objet mais pour 4 euros 90 on va pas non plus se plaindre, en attendant peut-être ceci.
Il y a quelques jours le volume 7 est sorti ; au vu de ce qu'on sait, c'est le dernier. Ce qui importe, c'est qu'il contient deux histoires permettant d'appréhender la dimension émotive du personnage de Picsou (ainsi que d'autres qui, à moindre échelle, modulent ce qu'est Donald). La première, "Une lettre de la maison" (A letter from home), revenant par le biais des Templiers sur un trésor enfoui dans le château où vivait la famille Picsou (on remarquera d'ailleurs le Saint-Graal, sorte de relique ultime, traité comme une pauvre merde), famille qu'il a quitté à ses treize ans et n'a depuis revu que peu, dans des situations sans passion. Obligé de retourner sur le lieu de son enfance et d'être confronté à sa sœur Matilda, il doit faire face à ce qu'elle pense de lui et plus largement de l'image de pingre solitaire qu'il a laissé à travers le monde, jusqu'à ses parents :
"Maman… Papa… Approuviez-vous ma mission ? Etiez-vous fiers de savoir que je parcourais le globe à la recherche de la fortune ? Compreniez-vous ma passion pour l'aventure vécue aux quatre coins du monde ? Pour le frisson que j'éprouvais en affrontant les plus malins… et en gagnant ? Ou pensiez-vous que je ne songeais qu'à l'argent ? Quelle opinion aviez-vous de moi ? Je ne le saurai jamais. Je bougeais sans cesse et vous ne pouviez pas m'envoyer de lettre !" (devant la tombe de ses parents)
"Je n'ai jamais reçu de lettre de la maison ! J'étais seul contre le monde le monde entier ! Et le monde gagnait !"
"'J'avais trop honte ! […] Mon corps était devenu plus résistant que mes idéaux. J'avais perdu de vue mes buts. Mais… j'étais trop têtu pour le reconnaître. Maman et papa étaient déjà partis… Et quand vous m'avez quitté, j'ai perdu ma joie de vivre !" (une fois le trésor trouvé, en parlant à Matilda)
C'est en gros sur ces trois citations que peuvent reposer l'histoire, se mêlant aux souvenirs de tout son cheminement honnête de jeune homme cherchant l'aventure et la richesse, jusqu'au moment nodal ou la seconde composante est passée devant la première. Picsou, découvrant le trésor caché sous la demeure familiale, boucle une aventure se chiffrant en décennies et finit par verbaliser ses sentiments.
La seconde, "La prisonnière de la vallée de l'Agonie Blanche" (The prisoner of White Agony Creek), arrive comme un épisode de la jeunesse de Picsou (ce qu'elle est d'ailleurs officiellement, épisode 8B, se calant ainsi entre le simple 8 et le 8C, publié et écrit plus tôt), partant non pas d'un point précis de l'histoire de Picsou mais comme histoire racontée à ses neveux, les yeux perdus devant un trésor inestimable. L'intérêt de cette histoire tient principalement à ce qu'elle se situe peu après un point charnière de l'évolution de l'encore jeune canard : la fin le voit trouver sa première pépite, il est "riche". Il n'y a qu'à nettoyer cette masse boueuse pour découvrir que c'est de l'or. Sa quête d'aventure, symboliquement menée par la recherche de richesses, basculera du côté secondaire. Cette pépite accélère l'évolution du personnage, allant de l'innocence ou de la naïveté (encore dans l'épisode 6, il se fait berner par un Afrikaner…) vers le cynisme et la cupidité (le personnage de Soapy Slick, banquier véreux et ignoble, qui apprend sans ménagement à Picsou prisonnier que sa mère est morte). Avec la richesse matérielle, sa quête s'achève, il sait pertinemment qu'il ne sera plus le même. Mais que faire ? Continuer à se mentir et à retarder l'échéance ? Il sera riche, que l'interrupteur soit actionné maintenant ou quelques années plus tard ne changera pas grand-chose à ce fait. Il embrasse son futur, quitte à aller lentement sur un chemin en pente, vers l'avarice et l'éloignement des siens, vers le Picsou qui est connu. La toute dernière case de l'épisode 8 ne contient d'ailleurs pas un "The end" mais un "The beginning". Plus qu'une astuce scénaristique éculée avant même sa première utilisation, c'est une vérité d'une tristesse inouïe qui s'installe : ici meurt le jeune aventurier, laissant place à qui n'avancera plus que pour l'argent. Tout ceci, évidemment, jusqu'en 1947. Tout ceci encore, pourquoi pas, jusqu'à sa reconnaissance verbale dans Une lettre de la maison.
L'épisode 9 le voit retourner, deux ans après sa première pépité, dans ses Highlands natals, où il enfilera pour la première fois sa légendaire redingote, nage dans son argent et commence à agir d'une façon méprisante, admettant qu'il mérite sa fortune (ce qui reste vrai)… En admettant que le changement soit encore palpitant chez lui, il se situe dans l'intervalle entre ces deux histoires. C'est là que s'installent les épisodes 8B et C. C'est là que s'installe vraiment le personnage de Goldie, en qui il trouve un alter ego à poigne et un amour que l'un et l'autre ont du mal à admettre. Leur relation est évidemment rude, en silences oscillant entre la colère, l'incompréhension et la timidité, dans son petit chalet isolé comme en ville, pendant que Jack London écribouille ce qui deviendra grand. En partant du Klondike, du Yukon, Picsou fait volontairement un choix…
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Au soir aimable et folichon du 12 février 2002 avril 1997, l'on aperçut de par toutes les régions du coin un halo de lumière pâlotte s'aventurer dans des recoins profonds des heureux territoires plats, par toutes les régions et les télescopes, outrés d'une violation si manifeste des accords sur la luminosité ambiante. La cause de cette auréole pleine comme une corne d'abondance (n'en ayant pourtant pas la forme) était la grande réception, au PALAIS DE VERSAILLES mesdames et messieurs (château) (mais oui les enfants aussi y allaient), réservé pour l'occasion, parterres de tulipes et tout un arsenal de choses propices à faire exploser de bonheur ambré le cœur et les poumons des gens passant par ici, menée tout spécialement pour le mariage de la Dame châtain clair Domitille Croquis et du Sieur imberbe et moyennement grand Raphaël Tabulon, menée en grande pompe car, comme l'exprimait à l'instant avec sa verve et son honneur habituels le Père Simon Tralala, jovial curé à la pointe de la théochnologie ecclésiaste : car en vérité, en vérité, je vous le dis, ces gens-là sont plus riches que Dubaï tout entier, ce qui est probablement faux et d'ailleurs plus que probablement un mensonge par exagération, mais se laisse dire et entendre quand c'est un respectable membre de l'Eglise (la question est de savoir si l'expression est redondante) qui l'annonce (peut-être était-ce une parabole), même sous l'emprise à demi-avouée du whisky bénit et des chips estampillés corpus christi sauce barbecue (CORPUS CHIPSI a fait faillite mais ses produits connaissent un succès ayant permis aux amateurs de les retrouver, à peine modifiés, chez d'autres découpeurs de patates), car en vérité, en vérité il nous le dit encore, bon sang ne saurait mentir. Il y eut—amen !, et tout reste assez calme un bon moment malgré les ponctuelles bêtises—large bombance et festoiements chatoyants tout au long de la nuit et même jusqu'au moment où les grasses matinées s'achèvent, comme pour casser des expressions et des gueules de bois, un ensemble d'événements satisfaisants, menés par un cortège de coucheries épuisantes et porteuses de découvertes sinon de fœtus, entre demoiselles d'honneur et membres du chœur de chant grégorien, quelques jeunes habiles amateurs de fiesta et de bamboula extérieurs aux sphères familiales des familles Tabulon et Croquis s'étant mêlés dans le tas dès les débuts, satisfaits d'avoir leur attirail génital prêt à un rapide emploi sous les longues robes blanches (chacun sait qu'un mariage est, pour qui sait faire et dans la mesure où ce n'est pas un mariage de monstres, une sacrée occasion de partouzer) de l'uniforme religieux, et bien d'autres choses faisant partie d'une cérémonie réussie et marquant d'une pierre aussi colorée qu'une glace à la fraise la chose dans l'autoroute souvenante de quiconque s'était engagé à boire plus que d'habitude ; traînant force rigolards et sensuels événements dans sa traîne comme le fait celle de la mariée, jusqu'à quelques événements peu estimables et même dirons-nous assez perturbants. Mais, allons—si, la soirée suivante, celle d'après peut-être, ils savent encore dormir, tout ira bien.
Notre cher ami le Père Simon Tralala, après avoir émis sa pensée sur l'état de richesse du tout jeune couple Tabulon et par extension (ou intension) des deux familles, s'en alla dégobiller dans un bosquet en compagnie d'autres ventres barbouillés, et rinça ses manquements à l'abstinence par le pelotage de fesses bien senti d'une portion congrue qui passait dans le domaine d'étendue de ses bras hagards. Il est intéressant de noter que cela se passe dès le début du grand repas, ordonné autour des jardins, alors que la petite partie de la journée réservée au domaine religieux vient de s'achever sur une explosion sonore et que le grand banquet commence à faire voir ses entrées dans les brumes d'un apéritif durant cinq heures. Domitille tout juste Tabulon, née Croquis, descend des grandiloquents escaliers avec sa robe probablement faite en peau de cul d'un animal en voie d'extinction, blanchie pour l'occasion, accompagnée du fier Raphaël et de son sceptre ouvragé comme celui d'un grand vizir, duquel il frappe le revêtement tapissaire des marches, le couple main dans la main au centre d'un couloir de convives très expressifs, le côté gauche (relativement au couple) commençant à s'évaporer pour aller courir dans l'herbe et faire les idiots dans les larges et espacés bassins, se courant après et se lançant des andouilleries comme s'ils étaient dans Mario Kart.
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(a apparemment été écrit le 4 juillet au soir. Pas relu mais suivent environ 27.000 mots d'aventures dans lesquelles Heather Graham et d'autres, y compris une femme qui porte un pseudonyme de catcheuse flaubertienne et une autre qui mange des gambas, se battent contre un étrange amateur de chair féminine (le vil P. Chaussouris, déjà cité ici) ; dans lesquelles une femme essaiera sans succès de se suicider ; dans lesquelles un homme au pseudonyme semi-asiatique se transformera en otarie (oui, je sais) ; dans lesquelles Heather Graham et Chaussouris font d'honteuses blagues sur les noirs et les lesbiennes, peut-être un peu sur les juifs ; dans lesquelles la jeune journaliste de mode Corinne Bourbonnois se demande pourquoi, en chiffres dits romains, 999 s'écrit CMXCIX et non IC ; bref beaucoup de femmes, et des jolies bien souvent)
(l'exergue est ajoutée aujourd'hui, pour le simple bonheur de l'ajouter et de faire le jeu de mots en note qui suit)
* L'INSEE Lohan indique que 43% des personnes interrogées sont effrayées par cet exemple de postérieur.
Au revoir :
(source : Hirohiko Araki, JoJo's Bizarre Adventure, vol. 33 : Allons manger italien !
Car effectivement, suivant la leçon un peu pathétique du Titanic et d'un paquet d'autres patapoufs des mers mal conçus ou menés par des andouilles notoires, la logistique et tout l'appareil superviseur de la construction a commencé bien en amont des premières études concrètes de charpenterie : le principal problème était celui de l'évitement des icebergs, dans une ordre d'idée de temps assez rapide si cela est possible—il est bien connu que, à la manière des platanes, les icebergs surgissent au beau milieu de la ligne de conduite, l'on se demande même à force si les deux ne sont pas liés, si les platanes ne poussent pas exclusivement sur la banquise avant d'être replantés aux bords des routes ; cela peut ou doit pouvoir aussi s'expliquer par la physique des glaçons, qui bien souvent dans un whisky-coca (par exemple, exemple pratique) remontent de manière impromptue sous les perturbations qui les avaient vu s'enfoncer un tantinet—, d'abord envisagé sous l'angle du sursaut et de l'absence de contact pure, ce qui se traduisait par de petits moteurs latéraux capables, d'un coup de gouvernail ou de bouton rouge, de propulser le navire à l'écart du problème, ce qui pourrait aussi servir (cela s'est dit assez véhémémment lors de la préconception) dans la perspective d'une attaque pirate ou de la chute d'une météorite, même dans l'optique où les divergences de température peuvent décider de blablabla ("— attends mec je t'explique iceberg = froid et météorite = chaud même si enfin voilà t'es sûr que t'es scientifique ? / — ouhlà attends en quoi ça a un rapport avec les moteurs ?—"), position rapidement abandonnée devant des problèmes évidents (taille qu'il faudrait pour ce genre de moteurs latéraux, surtout si on les estime "petits", ainsi que le dérangement des passagers), pour être remplacée par des élucubrations voulant faire du bateau un lieu (selon les modes du moment : magnétique ou simplement décomplexé) destiné à pouvoir se schrödingeriser (une version moins ambitieuse se voyait projeter des choses pour dédoubler l'iceberg, le faire osciller avec assez d'amplitude et de vitesse relative pour passer, un peu comme Gibraltar ou Charybde et Scylla), et comme le dit Monsieur Colvert, scientifique 4ème dan : "ce qui consisterait à faire en sorte que l'état l'iceberg n'est pas là domine pour un petit moment, vous comprenez ? le temps que tout passe l'obstacle : la transition se fait par un ensemble lié au navire lui-même : en approche de glace trop solide pour la coque, l'état—"les proportions d'états"—se modifie—"nt"—comme par pression d'un interrupteur. D'un saut prévu, d'un grandissement d'échelle, seul l'iceberg est témoin du changement quantique qui embrasse le lieu… et cela pourrait servir pour bien plus, imaginez votre nom accolé à un Prix Nobel ou dans la bouche de la crème intellectuelle".
Il continuera un brin, improvisant pour donner un aspect lissé et réaliste à la chose : "aucune indisposition des passagers, qui seront mis au courant d'une attraction fantolographique spéciale", et dans un élan d'intelligence, stoppa son babil avant de donner une approximation du nombre de chats nécessaires à l'opération. Tout ceci fut rapidement abandonné : malgré la motivation de ses défenseurs, Colvert en tête, l'incapacité de la mettre en pratique et plus globalement d'avancer une théorie concrète, viable ou simplement cohérente sur le plan adéquat, tout ceci couplé à un amateurisme certain ("votre naïveté me donne envie de vomir" ; un fan avant l'heure ?) a prévalu. Tout cela a mené à une théorie à propos du verre ou d'autres matériaux plus ou moins transparents (plexiglas et autres choses de tintinophiles) qui n'encombreraient pas vraiment la flottabilité ni la résistance, tout en permettant une certaine publicité ("Le premier paquebot transparent !" ou autres bêtises mornes) capable d'attirer les curieux, les actrices et les dermatologues. Après avoir compris que 1) le nombre de couches ou 2) l'épaisseur—ce qui revient sensiblement au même—annulaient d'office la possibilité de translucidité (un des scientifique en marche sur ce projet a proposé après coup de faire un bateau normal, entouré d'une dernière couche de bidule pas très opaque où les gens pourraient venir faire les observateurs de poissons émérites et n'a pas gagné grand-chose d'autre qu'une godasse en travers de la gueule "mais ce serait très condensé ! mais" mais oui mon con) (si on demande maintenant aux autorités de régulation, elles ne sauront pas vraiment en quoi le plexiglas ou le verre étaient supposés avoir un impact sur les icebergs, mais ça n'a pas eu l'air à l'époque de les déranger outre-mesure). La solution finalement retenue fut assez simple et consistait en une combinaison de quelques éléments : un commandant de bord sobre de naissance, des radars à la pointe de la technologie et à quelques jeux de torpilles habilement placés sur le profil sous-marin du bateau, ce qui explique peut-être sa forme, qui elle-même explique son nom : L'ENDIVE.
La plus grande question de nombre des gens concernés par la construction de L'ENDIVE était de l'ordre de celle-ci : "pourquoi supposer un iceberg alors que le trajet est Nice-New-York ?". La réponse la plus facile et la plus utilisée se basait sur : "l'Histoire ne vous a donc rien appris ?" ("mais monsieur c'était il y a plus de soixante-dix ans, on se débrouille mieux maintenant—"), une autre "sur le trajet il fait froid", mais la réelle raison était d'un autre ordre : le voyage, après être parti de Nice, avoir fait escale à Barcelone et s'être arrêté à quelque courte distance de l'Amérique, consistait en la réunion du maximum de passagers sur le pont principal au petit soir, pour leur faire décider du point d'amarrage futur, parmi deux lieux. Vers l'Alaska ou vers les Caraïbes, destinations vagues que le Commandant, Monsieur Chaala Ed Chaala, américo-marocain tétraglotte et (comme tous les grands chefs et meneurs de navires) possèdant un perroquet, bien conscient qu'une jambe de bois bien montrée est plus valorisante que n'importe quelle prothèse moderne, préciserait à chaque fois que l'approche s'annoncerait, dans la mesure du possible. Les torpilles sont donc presque nécessaires pour la voie du Nord—peut-être insuffisantes aussi—mais savent trouver leur utilité (comme les petits moteurs latéraux abandonnés) face aux bandes organisées de bandits qui sévissent le long des côtes, qu'elles soient caribéennes ou (bien en amont) espagnoles. Les torpilles elles-mêmes contiennent des canots de sauvetage gonflables, qui serviront en cas de naufrage ("on n'est jamais trop prudent ! Mieux vaut trop que pas assez !"), de blague morbide si elles sont utilisées, et à rien autrement, peut-être à amuser des petits pingouins ou des phoques si le Commandant se perd un brin. D'autres solutions (dont certaines auraient pu cohabiter avec les autres sans trop de problèmes), telles que la coque chauffante, déclamer du Saint Augustin ou survitaminer les olives des martinis, n'ont malheureusement pas été retenues.
Puisque je suis sur X files, j'en profite pour donner cette liste d'épisodes particuliers, fruit d'heures de choix ardus (pour l'instant, ça ne va que jusqu'à l'épisode 17 de la saison 5 et, que ce soit une bonne idée ou non, je n'ai pas inclus, à quelques/une exception[s] (Emily) près, les épisodes concernant la mythologie, ce qui comprend aussi Musings of a Cigarette Smoking Man et autres qui aurait pu être sur le podium des plus cool ou plus oppressant). (bien sûr, tout est sujet à ma mémoire, blablabla)
Episode le plus drôle : Le Seigneur du magma (3x20; Jose Chung's 'From Outer Space')
dauphin : Le shérif a les dents longues (5x12 ; Bad Blood)
Episode le plus sanglant/dégueu : Sanguinarium (4x6)
dauphin : F. Emasculata (2x22 ; Contamination)
Episode le plus glauque : La meute (4x2; Home)
Episode le plus oppressant : Quand vient la nuit (1x19 ; Darkness Falls—ce n'est probablement pas vrai mais j'aime beaucoup cet épisode)
dauphin : Projet Arctique (1x7 ; Ice)
Episode le plus cool : Compressions/Le retour de Tooms (1x2 & 1x20; Squeeze/Tooms)
dauphin : Le vaisseau fantôme (2x19 ; Dod Kalm)
2ème dauphin : Autosuggestion (3x17 ; Pusher)
dauphin : Clic Mortel (5x11 ; Killswitch)
Concept le plus foiré : Les vampires (2x7 ; 3)
dauphin : Corps astral (3x7 ; The walk—contrairement à Les vampires/3, celui-ci aurait sa place dans la catégorie des "oh mon dieu comment ça craint")
Episode le plus triste : Le pré où je suis mort (4x5; The field where I died)
dauphin : Emily (part. 1 & 2) (5x6 & 5x7 ; Christmas Carol/Emily)
Le film ne parle pas de conspiration gouvernementale ni d'extra-terrestres, et quiconque a déjà vu la série un peu plus largement que l'image qu'on s'en fait sait très bien que la majorité des épisodes se compose d'une mosaïque d'affaires non-classées (les X files en question) mêlant questions proprement surnaturelles et un paquet d'aberrations génétiques. Régénération fait partie de ce pan de la série, qui est à l'origine bien plus présent que les histoires de l'homme à la cigarette et de ses copains ; en partant de ce postulat, se plaindre de ne pas retrouver ce qui a fait la légende (pour ce genre de choses on parle de mythologie, à l'échelle) publique de la série est soit un caprice de fan insatisfait de ne pas poursuivre ce qui faisait selon lui l'essence de la série (se décevoir tout seul en imaginant des choses que personne n'a vraiment promis), comme une conclusion aux mesures bancales de ses espoirs (et qu'il espère toujours en guise de troisième et dernier film à sortir en 2012, le jour de la fin du monde), qu'il voudrait voir remplacer quelques dernières saisons lourdes, affaissées sous leurs propres extensions tentaculaires jusqu'au vomissement, soit une idiotie de qui n'a jamais regardé autre chose qu'un ou huit épisodes (disons Tunguska et Anasazi, Tempus Fugit ou E.B.E.) et parle d'un fond qu'il ne connait pas. D'ici, que fait-on ? on se débrouille déjà pour ne pas avoir de générique de début (quitte à faire supposer au spectateur que le cold open habituel dure vingt minutes avant qu'il se satisfasse de ne pas savoir s'il verra malgré tout dans la liste des noms tels que William B. Davis ou Nicholas Lea (pourquoi pas, sait-on jamais, bref), ou même plus simplement Mitch Pileggi) et limiter la ritournelle légendaire en six notes à trois apparitions, une tout au début, marque de présence, une finale (fin de boucle) et une pour un effet comique totalement délié de la série. Ce qu'on veut voir, c'est pourtant simple : Mulder et Scully.
Nous débutons dans la neige, sans trop savoir ce qui se déroule : deux idées mises en miroir, l'une début de nuit et l'autre de matin, l'une en lieu presque fermé et l'autre ouvert, une à deux ou trois et l'autre à tant qu'on ne sait pas vraiment si les compter est intéressant. Le montage est un peu lourd, passant d'un point à l'autre en s'accélérant comme pour fixer les battements de cœurs de la victime sur les recherches pleines de froid, du spectateur aussi. Le mystère ne vient pas encore du meurtre mais de la façon dont on découvre le corps, un corps, un seul membre même, qui ne correspond pas a qui a disparu. Un prêtre aide le FBI (un ancien pédophile d'ailleurs, dérangé par ses pulsions au point de s'être castré), on ne sait pas ce qui le lie au mystère. A la limite, on s'en fout, il sert à intégrer les "légendaires" Mulder & Scully sur une piste mystérieuse, tandis que le meilleur avantage de ce personnage est qu'il met Scully encore une fois face à ce que d'aucuns prétendent faire partie de sa religion (on ne verra pas, je crois, le fameux pendentif (que ce soit l'original ou un autre semblable) symbolisant sa foi, son espoir pragmatique et touchant, mais on sait que Scully est en lien au christianisme et, si on ne le savait pas, les marionnettistes se débrouillent pour faire apparaître son personnage comme médecin dans un hôpital religieux (elle a servi de médecin légal tout au long de la série, de médecin tout court quand cela servait (même si je retiens d'un épisode vu dans la journée qu'elle a arrêté de pratiquer), d'agent du FBI le plus souvent et au moins une fois on l'a vue avec une tenue proche du commando et elle a écrit sa thèse sur le paradoxe du jumeau d'Einstein, ça m'a toujours surpris qu'elle soit comme un couteau suisse parfois)), qu'il la met face aux limites de l'homme, de ses croyances et de son rapport à l'autre, à au moins deux niveaux distincts (le prêtre signe la limite de l'acceptable d'un côté et pourtant devient clé de la vérité, la mettant dans l'impasse voulant qu'un viol et un violeur peuvent avoir une conséquence positive, qu'on s'empressera de remettre au centre et sous les milliards de négatives évidemment).
A partir d'ici (aussi, encore), que fait-on des clins d'œil ? à première vue, le clin d'œil ne se fait pas sur la mythologie de la série, donc on se les fout au cul, ils ne servent plus à grand-chose pour l'amateur moyen (s'il y a une chose qui rappelle un épisode avec Leonard Betts*, on fait quoi ? rien, non ? il est dur de faire quelque chose qui serve réellement, il ne servira qu'à rien d'autre qu'à satisfaire qui l'a entrevu, ayant du mal à entamer autre chose que son entreprise de rapport temporel) on s'estimera juste content de voir comment la mise en scène s'amuse avec les scènes d'introduction de personnage, conservant l'idiotie volontaire et le suspense basique qui consiste à faire voir d'un homme ou d'une femme simplement la main ou le dos, pour ne s'apercevoir qu'un peu plus tard qu'il s'agit bien de LUI (OH ! AH !) ou d'elle (AH ! OH !) (l'exercice devient d'un ridicule assumé, à effet presque comique quand il arrive une troisième fois sur Skinner). Ici, à l'inverse le retardement sert à comprimer l'excitation : on sait que cet homme retourné est Mulder, et depuis l'autre côté de la caméra on retarde l'apparition de son visage. Aussi on sera finalement ravi, comme un gamin, de voir que l'iconique poster de Mulder est toujours placardé sur un mur. Même chose, plus ou moins, pour la photo de Samantha ou pour quiconque arrive peut-être à lire les coupures de journaux à côté. Perplexe quand sur un lit traîne un bouquin de Dori Carter (apparemment la femme de Chris) intitulé "Beautiful wasps having sex" (même si je suppose que les wasps en question sont de ceux qu'on apprend en troisième ou quelque chose dans le genre, les célèbres white anglo-saxon protestants, ce que l'on peut, en étant très généreux, estimer que Mulder et Scully sont, la guêpe est un motif récurrent de la série, à moins que ce ne soient les abeilles… enfin).
En fait, ce qu'on voulait voir, c'était… comment dire ? Mulder et Scully, oui, si possible avec l'enrobage de beaux dialogues et d'aura mystique, de relation élaborée sur des années (qu'il devient difficile à rendre à l'écran en une ou deux heures, à résumer, étendre et contracter), de combinaison d'habit de fonction et de tension sexuelle plus ou moins palpable, ça, c'était avant et maintenant au moins voir comment ça marche, comment après ce temps ils ont changé et dans quelle mesure ils sont restés immuables. Hic ou non, leurs chemins qui dans la série partaient d'une base professionnelle pour se tisser sur le reste de leur vie, deviennent ici, par les années qui passent, plus proches physiquement, c'est peut-être pour cela que la relation professionnelle est brisée, se composant pour la majeure partie de choses largement différentes pour l'un et l'autre, quitte à se départir du rôle (Scully, en tenue de Docteur, n'est pas le personnage Scully, même si c'est un autre type de vêtement, un autre uniforme—déjà dans la série, le seul fait de la voir en tenue civile créait un malaise rigolo, tant elle s'incarnait comme agent et peut-être objet figé dans une unité de tenue : maintenant l'uniforme a changé, sa réalité revient avec l'enquête), et petit à petit reprenant une cohésion impossible à afficher : les longueurs d'ondes redeviennent communes, mais le tandem est pour le moment impossible, pour une raison ou une autre, à réunir. La fin signe donc une sorte de retour à la normale du métier, de l'enquête achevée en couple plus ou moins victorieux, redonnant par la même occasion un lustre au couple sous une optique personnelle (à vrai dire, en dehors de quelques allusions dont certaines peuvent avoir l'air de se contredire, on ne sait pas vraiment comment vit le couple, comme si cela n'était pas nécessaire et que l'idée qu'ils portent se révélait par le reste, par leurs réactions). On restera peut-être coi devant quelques répliques : l'horreur à laquelle ils faisaient quotidiennement face dans leur ancien métier supposée comme encore vivante (la haine du médecin fondamentalement incapable de réussir ce à quoi il s'engage d'un côté, le ressassement improbable d'une foi dont on en est presque à taire à la fois le but et la raison pour l'autre (je reste choqué non pas de la réplique de Scully sur les 37 enfants de chœur, mais par sa réplique sur la sœur de Mulder : après quelques minutes de film, on a déjà oublié qu'elle était leitmotiv des actions de Mulder dans la série et a continué de l'obséder au point qu'une affaire sans lien pourrait être réellement ou symboliquement liée (pour ceux qui le peuvent : voir l'épisode Paper Hearts, même si par sa ponctualité ce n'est peut-être pas un exemple pertinent)), les deux continuant à s'exprimer et reprenant leur expression d'avant à travers cette histoire de prêtre pédophile et de corps disparus sans raison apparente) et ne pouvant (je place plusieurs niveaux en même temps, c'est un peu douteux mais tant pis) s'extraire que dans une dernière farandole, une dernière danse en couple qu'est ce film. Ainsi, ceux qui restent pendant/après le générique verront, en regard du dialogue final, une sortie devenue extraction du monde horrifique en un retrait comme obligé d'être heureux et schématique. Après tout ce qu'il y a eu, que reste-t-il à croire, à vouloir croire ?
Oh, le scénario n'est même pas mauvais. Le traitement, lui, est un peu bancal : on se demande presque s'il était nécessaire d'intégrer deux nouveaux agents du FBI dont l'une disparaîtra misérablement sans qu'on n'ait vraiment rien su d'elle (alors que son placement mi-admiratif mi-perplexe face à Mulder aurait pu augurer des choses intéressantes si le film était parti dans une autre direction) et dont l'autre sert de contrepartie pragmatique si molle qu'on ne sait pas trop s'il est convaincu lui-même (à cette image, c'est peut-être lui le plus proche du film), ou s'il n'aurait été plus judicieux de résumer tout cela à coup de téléphones et d'autres absents physiques. On se demande d'autres choses ; si la bonne idée de séparer Mulder et Scully (en fonction) une bonne partie du film est réellement, à l'écran, une bonne idée : le climax qu'auraient pu être les retrouvailles finales n'a pas tant d'intensité que ça et plus généralement, eh bien le couple fonctionne justement en tant que couple (sauf exceptions : si vous pouvez allez voir l'épisode Le shérif a les dents longues), le yo-yo géographique se liant au relationnel ne parvient pas à s'approprier les tensions. On pourra aussi féliciter les gens qui l'ont fait pour que toute une partie du film (qui donne le sous-titre français du film : Régénération) soit réellement en fond, jamais vraiment présente ni expliquée autrement que par des rapports très vagues à ce que fait Scully, ce qui aurait été un bonus non négligeable si le reste du film était mieux mené, ou autrement axé encore une fois (avis dans le vide). Et effectivement, dans cette optique, un film partant sur les bases de complot et d'extraterrestres aurait pu, sinon gommer des choses étranges et/ou perfectibles probablement, du moins faire en sorte qu'elles soient plus en arrière dans la tête de qui regarde (devrait-on donc à Chris Carter d'être sincère et de larguer l'intrigue gouvernementale pour nous offrir un squelette renouvelé de la relation Mulder/Scully ?) (si on peut vraiment l'avoir, cette resucée de complot, on ne s'en plaindra pas non plus, hein ; le film n'est pas parfait mais tente son propos, et pourrait annoncer un mélange adéquat pour 2012), et plutôt qu'eux deux servant de prétexte à une resucée de complot, c'est la régénération qui, à peine vue dans son propos paranormal, s'en vient envahir le sentiment par la dernière incarnation d'une entité large dont seul les deux personnages ont toujours émergé comme monuments incassables.
* Leonard Betts, bien qu'il ait été choisi au hasard, est un personnage dont l'activité peut effectivement se rapprocher de celle du film, même si c'est de loin.