ainsi son nom et sa coupe de cheveux (et ses dents d’ailleurs, mais on n’attaque pas sur le physique, c’est méchant et puis d’ailleurs, je n’attaque pas! ça devrait aller), qui en gros était : on sent que Riad Sattouf aime ces jeunes (là je ne suis pas d’accord, du moins pas totalement) et que regardez oh-la-la ces jeunes ont la tchatche, ils sont magnifiques. Là, j’ai une réaction très forte : je dis « ah ! » puis repense à ce qu’il y avait dans les pages de Riad Sattouf qui pouvait correspondre à des exemples de jeunes qui ont du bagout mais ne disent pas bagout vu que c’est un vieux mot (il reviendra probablement) : le résultat est proche du néant, la plupart des jeunes en question (id est ce qui rentre sous la catégorie "racaille et jeune de banlieue" plus quelques autres). Des jeunes, oui. De la tchatche, oui. Du magnifique, non, même en baissant l'intensité du terme. Si elle voit là exemples de jeunes au bavardage magnifique, au babil foudroyant, à l’éloquence folle et tout ce que l’on veut, je n’ai aucune envie (je n’étais déjà pas très chaud, il faut bien l’avouer) de lire la prose (sûrement haute en couleurs et emplie d’une verve du bitume) de mademoiselle et de son air hypnotisé.Heureusement qu’Eric Naulleau (puis Martin Monestier je crois) lui a dit qu’elle racontait de la merde. Bizarrement, je n’ai aucun souvenir de ce que Riad Sattouf est venu dire à propos de son propre travail. Que ses jeunes, ces jeunes, tordent le langage (je viens de l’écrire avec un u, sale habitude) avec une inventivité (plutôt que les guillemets, imaginez un sigle de copyright autour du mot), je le sais, ça me fait assez mal à l’oreille et à l’autre (puis quelques autres membres/sens aussi parfois) comme ça pour pouvoir en rire jaune quand il s’en sert. Qu’il les aime, en quelque sorte, je veux bien. Qu’ils soient magnifiques, je m’en vais.
Heureusement que c’est bien.
