21.9.08

hublot


Car effectivement, suivant la leçon un peu pathétique du Titanic et d'un paquet d'autres patapoufs des mers mal conçus ou menés par des andouilles notoires, la logistique et tout l'appareil superviseur de la construction a commencé bien en amont des premières études concrètes de charpenterie : le principal problème était celui de l'évitement des icebergs, dans une ordre d'idée de temps assez rapide si cela est possible—il est bien connu que, à la manière des platanes, les icebergs surgissent au beau milieu de la ligne de conduite, l'on se demande même à force si les deux ne sont pas liés, si les platanes ne poussent pas exclusivement sur la banquise avant d'être replantés aux bords des routes ; cela peut ou doit pouvoir aussi s'expliquer par la physique des glaçons, qui bien souvent dans un whisky-coca (par exemple, exemple pratique) remontent de manière impromptue sous les perturbations qui les avaient vu s'enfoncer un tantinet—, d'abord envisagé sous l'angle du sursaut et de l'absence de contact pure, ce qui se traduisait par de petits moteurs latéraux capables, d'un coup de gouvernail ou de bouton rouge, de propulser le navire à l'écart du problème, ce qui pourrait aussi servir (cela s'est dit assez véhémémment lors de la préconception) dans la perspective d'une attaque pirate ou de la chute d'une météorite, même dans l'optique où les divergences de température peuvent décider de blablabla ("— attends mec je t'explique iceberg = froid et météorite = chaud même si enfin voilà t'es sûr que t'es scientifique ? / — ouhlà attends en quoi ça a un rapport avec les moteurs ?—"), position rapidement abandonnée devant des problèmes évidents (taille qu'il faudrait pour ce genre de moteurs latéraux, surtout si on les estime "petits", ainsi que le dérangement des passagers), pour être remplacée par des élucubrations voulant faire du bateau un lieu (selon les modes du moment : magnétique ou simplement décomplexé) destiné à pouvoir se schrödingeriser (une version moins ambitieuse se voyait projeter des choses pour dédoubler l'iceberg, le faire osciller avec assez d'amplitude et de vitesse relative pour passer, un peu comme Gibraltar ou Charybde et Scylla), et comme le dit Monsieur Colvert, scientifique 4ème dan : "ce qui consisterait à faire en sorte que l'état l'iceberg n'est pas là domine pour un petit moment, vous comprenez ? le temps que tout passe l'obstacle : la transition se fait par un ensemble lié au navire lui-même : en approche de glace trop solide pour la coque, l'état—"les proportions d'états"—se modifie—"nt"—comme par pression d'un interrupteur. D'un saut prévu, d'un grandissement d'échelle, seul l'iceberg est témoin du changement quantique qui embrasse le lieu… et cela pourrait servir pour bien plus, imaginez votre nom accolé à un Prix Nobel ou dans la bouche de la crème intellectuelle".

Il continuera un brin, improvisant pour donner un aspect lissé et réaliste à la chose : "aucune indisposition des passagers, qui seront mis au courant d'une attraction fantolographique spéciale", et dans un élan d'intelligence, stoppa son babil avant de donner une approximation du nombre de chats nécessaires à l'opération. Tout ceci fut rapidement abandonné : malgré la motivation de ses défenseurs, Colvert en tête, l'incapacité de la mettre en pratique et plus globalement d'avancer une théorie concrète, viable ou simplement cohérente sur le plan adéquat, tout ceci couplé à un amateurisme certain ("votre naïveté me donne envie de vomir" ; un fan avant l'heure ?) a prévalu. Tout cela a mené à une théorie à propos du verre ou d'autres matériaux plus ou moins transparents (plexiglas et autres choses de tintinophiles) qui n'encombreraient pas vraiment la flottabilité ni la résistance, tout en permettant une certaine publicité ("Le premier paquebot transparent !" ou autres bêtises mornes) capable d'attirer les curieux, les actrices et les dermatologues. Après avoir compris que 1) le nombre de couches ou 2) l'épaisseur—ce qui revient sensiblement au même—annulaient d'office la possibilité de translucidité (un des scientifique en marche sur ce projet a proposé après coup de faire un bateau normal, entouré d'une dernière couche de bidule pas très opaque où les gens pourraient venir faire les observateurs de poissons émérites et n'a pas gagné grand-chose d'autre qu'une godasse en travers de la gueule "mais ce serait très condensé ! mais" mais oui mon con) (si on demande maintenant aux autorités de régulation, elles ne sauront pas vraiment en quoi le plexiglas ou le verre étaient supposés avoir un impact sur les icebergs, mais ça n'a pas eu l'air à l'époque de les déranger outre-mesure). La solution finalement retenue fut assez simple et consistait en une combinaison de quelques éléments : un commandant de bord sobre de naissance, des radars à la pointe de la technologie et à quelques jeux de torpilles habilement placés sur le profil sous-marin du bateau, ce qui explique peut-être sa forme, qui elle-même explique son nom : L'ENDIVE.

La plus grande question de nombre des gens concernés par la construction de L'ENDIVE était de l'ordre de celle-ci : "pourquoi supposer un iceberg alors que le trajet est Nice-New-York ?". La réponse la plus facile et la plus utilisée se basait sur : "l'Histoire ne vous a donc rien appris ?" ("mais monsieur c'était il y a plus de soixante-dix ans, on se débrouille mieux maintenant—"), une autre "sur le trajet il fait froid", mais la réelle raison était d'un autre ordre : le voyage, après être parti de Nice, avoir fait escale à Barcelone et s'être arrêté à quelque courte distance de l'Amérique, consistait en la réunion du maximum de passagers sur le pont principal au petit soir, pour leur faire décider du point d'amarrage futur, parmi deux lieux. Vers l'Alaska ou vers les Caraïbes, destinations vagues que le Commandant, Monsieur Chaala Ed Chaala, américo-marocain tétraglotte et (comme tous les grands chefs et meneurs de navires) possèdant un perroquet, bien conscient qu'une jambe de bois bien montrée est plus valorisante que n'importe quelle prothèse moderne, préciserait à chaque fois que l'approche s'annoncerait, dans la mesure du possible. Les torpilles sont donc presque nécessaires pour la voie du Nord—peut-être insuffisantes aussi—mais savent trouver leur utilité (comme les petits moteurs latéraux abandonnés) face aux bandes organisées de bandits qui sévissent le long des côtes, qu'elles soient caribéennes ou (bien en amont) espagnoles. Les torpilles elles-mêmes contiennent des canots de sauvetage gonflables, qui serviront en cas de naufrage ("on n'est jamais trop prudent ! Mieux vaut trop que pas assez !"), de blague morbide si elles sont utilisées, et à rien autrement, peut-être à amuser des petits pingouins ou des phoques si le Commandant se perd un brin. D'autres solutions (dont certaines auraient pu cohabiter avec les autres sans trop de problèmes), telles que la coque chauffante, déclamer du Saint Augustin ou survitaminer les olives des martinis, n'ont malheureusement pas été retenues.

6.8.08

piper maru

Puisque je suis sur X files, j'en profite pour donner cette liste d'épisodes particuliers, fruit d'heures de choix ardus (pour l'instant, ça ne va que jusqu'à l'épisode 17 de la saison 5 et, que ce soit une bonne idée ou non, je n'ai pas inclus, à quelques/une exception[s] (Emily) près, les épisodes concernant la mythologie, ce qui comprend aussi Musings of a Cigarette Smoking Man et autres qui aurait pu être sur le podium des plus cool ou plus oppressant). (bien sûr, tout est sujet à ma mémoire, blablabla)

Episode le plus drôle : Le Seigneur du magma (3x20; Jose Chung's 'From Outer Space')
dauphin : Le shérif a les dents longues (5x12 ; Bad Blood)

Episode le plus sanglant/dégueu : Sanguinarium (4x6)
dauphin : F. Emasculata (2x22 ; Contamination)

Episode le plus glauque : La meute (4x2; Home)

Episode le plus oppressant : Quand vient la nuit (1x19 ; Darkness Falls—ce n'est probablement pas vrai mais j'aime beaucoup cet épisode)
dauphin : Projet Arctique (1x7 ; Ice)

Episode le plus cool : Compressions/Le retour de Tooms (1x2 & 1x20; Squeeze/Tooms)
dauphin : Le vaisseau fantôme (2x19 ; Dod Kalm)
2ème dauphin : Autosuggestion (3x17 ; Pusher)

Episode le plus mon dieu comment ça craint : Espace (1x8 ; Space)
dauphin : Clic Mortel (5x11 ; Killswitch)

Concept le plus foiré : Les vampires (2x7 ; 3)
dauphin : Corps astral (3x7 ; The walk—contrairement à Les vampires/3, celui-ci aurait sa place dans la catégorie des "oh mon dieu comment ça craint")

Episode le plus triste : Le pré où je suis mort (4x5; The field where I died)
dauphin : Emily (part. 1 & 2) (5x6 & 5x7 ; Christmas Carol/Emily)

Episode le plus aimable : Un Prométhée post-moderne (5x5; The post-modern Prometheus)

5.8.08

SFX LIE

Un petit avis sur X Files – Régénération (The X Files – I want to believe) (je spoile sur l'ensemble du film)

Le film ne parle pas de conspiration gouvernementale ni d'extra-terrestres, et quiconque a déjà vu la série un peu plus largement que l'image qu'on s'en fait sait très bien que la majorité des épisodes se compose d'une mosaïque d'affaires non-classées (les X files en question) mêlant questions proprement surnaturelles et un paquet d'aberrations génétiques. Régénération fait partie de ce pan de la série, qui est à l'origine bien plus présent que les histoires de l'homme à la cigarette et de ses copains ; en partant de ce postulat, se plaindre de ne pas retrouver ce qui a fait la légende (pour ce genre de choses on parle de mythologie, à l'échelle) publique de la série est soit un caprice de fan insatisfait de ne pas poursuivre ce qui faisait selon lui l'essence de la série (se décevoir tout seul en imaginant des choses que personne n'a vraiment promis), comme une conclusion aux mesures bancales de ses espoirs (et qu'il espère toujours en guise de troisième et dernier film à sortir en 2012, le jour de la fin du monde), qu'il voudrait voir remplacer quelques dernières saisons lourdes, affaissées sous leurs propres extensions tentaculaires jusqu'au vomissement, soit une idiotie de qui n'a jamais regardé autre chose qu'un ou huit épisodes (disons Tunguska et Anasazi, Tempus Fugit ou E.B.E.) et parle d'un fond qu'il ne connait pas. D'ici, que fait-on ? on se débrouille déjà pour ne pas avoir de générique de début (quitte à faire supposer au spectateur que le cold open habituel dure vingt minutes avant qu'il se satisfasse de ne pas savoir s'il verra malgré tout dans la liste des noms tels que William B. Davis ou Nicholas Lea (pourquoi pas, sait-on jamais, bref), ou même plus simplement Mitch Pileggi) et limiter la ritournelle légendaire en six notes à trois apparitions, une tout au début, marque de présence, une finale (fin de boucle) et une pour un effet comique totalement délié de la série.

Ce qu'on veut voir, c'est pourtant simple : Mulder et Scully.

Nous débutons dans la neige, sans trop savoir ce qui se déroule : deux idées mises en miroir, l'une début de nuit et l'autre de matin, l'une en lieu presque fermé et l'autre ouvert, une à deux ou trois et l'autre à tant qu'on ne sait pas vraiment si les compter est intéressant. Le montage est un peu lourd, passant d'un point à l'autre en s'accélérant comme pour fixer les battements de cœurs de la victime sur les recherches pleines de froid, du spectateur aussi. Le mystère ne vient pas encore du meurtre mais de la façon dont on découvre le corps, un corps, un seul membre même, qui ne correspond pas a qui a disparu. Un prêtre aide le FBI (un ancien pédophile d'ailleurs, dérangé par ses pulsions au point de s'être castré), on ne sait pas ce qui le lie au mystère. A la limite, on s'en fout, il sert à intégrer les "légendaires" Mulder & Scully sur une piste mystérieuse, tandis que le meilleur avantage de ce personnage est qu'il met Scully encore une fois face à ce que d'aucuns prétendent faire partie de sa religion (on ne verra pas, je crois, le fameux pendentif (que ce soit l'original ou un autre semblable) symbolisant sa foi, son espoir pragmatique et touchant, mais on sait que Scully est en lien au christianisme et, si on ne le savait pas, les marionnettistes se débrouillent pour faire apparaître son personnage comme médecin dans un hôpital religieux (elle a servi de médecin légal tout au long de la série, de médecin tout court quand cela servait (même si je retiens d'un épisode vu dans la journée qu'elle a arrêté de pratiquer), d'agent du FBI le plus souvent et au moins une fois on l'a vue avec une tenue proche du commando et elle a écrit sa thèse sur le paradoxe du jumeau d'Einstein, ça m'a toujours surpris qu'elle soit comme un couteau suisse parfois)), qu'il la met face aux limites de l'homme, de ses croyances et de son rapport à l'autre, à au moins deux niveaux distincts (le prêtre signe la limite de l'acceptable d'un côté et pourtant devient clé de la vérité, la mettant dans l'impasse voulant qu'un viol et un violeur peuvent avoir une conséquence positive, qu'on s'empressera de remettre au centre et sous les milliards de négatives évidemment).

A partir d'ici (aussi, encore), que fait-on des clins d'œil ? à première vue, le clin d'œil ne se fait pas sur la mythologie de la série, donc on se les fout au cul, ils ne servent plus à grand-chose pour l'amateur moyen (s'il y a une chose qui rappelle un épisode avec Leonard Betts*, on fait quoi ? rien, non ? il est dur de faire quelque chose qui serve réellement, il ne servira qu'à rien d'autre qu'à satisfaire qui l'a entrevu, ayant du mal à entamer autre chose que son entreprise de rapport temporel) on s'estimera juste content de voir comment la mise en scène s'amuse avec les scènes d'introduction de personnage, conservant l'idiotie volontaire et le suspense basique qui consiste à faire voir d'un homme ou d'une femme simplement la main ou le dos, pour ne s'apercevoir qu'un peu plus tard qu'il s'agit bien de LUI (OH ! AH !) ou d'elle (AH ! OH !) (l'exercice devient d'un ridicule assumé, à effet presque comique quand il arrive une troisième fois sur Skinner). Ici, à l'inverse le retardement sert à comprimer l'excitation : on sait que cet homme retourné est Mulder, et depuis l'autre côté de la caméra on retarde l'apparition de son visage. Aussi on sera finalement ravi, comme un gamin, de voir que l'iconique poster de Mulder est toujours placardé sur un mur. Même chose, plus ou moins, pour la photo de Samantha ou pour quiconque arrive peut-être à lire les coupures de journaux à côté. Perplexe quand sur un lit traîne un bouquin de Dori Carter (apparemment la femme de Chris) intitulé "Beautiful wasps having sex" (même si je suppose que les wasps en question sont de ceux qu'on apprend en troisième ou quelque chose dans le genre, les célèbres white anglo-saxon protestants, ce que l'on peut, en étant très généreux, estimer que Mulder et Scully sont, la guêpe est un motif récurrent de la série, à moins que ce ne soient les abeilles… enfin).

En fait, ce qu'on voulait voir, c'était… comment dire ? Mulder et Scully, oui, si possible avec l'enrobage de beaux dialogues et d'aura mystique, de relation élaborée sur des années (qu'il devient difficile à rendre à l'écran en une ou deux heures, à résumer, étendre et contracter), de combinaison d'habit de fonction et de tension sexuelle plus ou moins palpable, ça, c'était avant et maintenant au moins voir comment ça marche, comment après ce temps ils ont changé et dans quelle mesure ils sont restés immuables. Hic ou non, leurs chemins qui dans la série partaient d'une base professionnelle pour se tisser sur le reste de leur vie, deviennent ici, par les années qui passent, plus proches physiquement, c'est peut-être pour cela que la relation professionnelle est brisée, se composant pour la majeure partie de choses largement différentes pour l'un et l'autre, quitte à se départir du rôle (Scully, en tenue de Docteur, n'est pas le personnage Scully, même si c'est un autre type de vêtement, un autre uniforme—déjà dans la série, le seul fait de la voir en tenue civile créait un malaise rigolo, tant elle s'incarnait comme agent et peut-être objet figé dans une unité de tenue : maintenant l'uniforme a changé, sa réalité revient avec l'enquête), et petit à petit reprenant une cohésion impossible à afficher : les longueurs d'ondes redeviennent communes, mais le tandem est pour le moment impossible, pour une raison ou une autre, à réunir. La fin signe donc une sorte de retour à la normale du métier, de l'enquête achevée en couple plus ou moins victorieux, redonnant par la même occasion un lustre au couple sous une optique personnelle (à vrai dire, en dehors de quelques allusions dont certaines peuvent avoir l'air de se contredire, on ne sait pas vraiment comment vit le couple, comme si cela n'était pas nécessaire et que l'idée qu'ils portent se révélait par le reste, par leurs réactions). On restera peut-être coi devant quelques répliques : l'horreur à laquelle ils faisaient quotidiennement face dans leur ancien métier supposée comme encore vivante (la haine du médecin fondamentalement incapable de réussir ce à quoi il s'engage d'un côté, le ressassement improbable d'une foi dont on en est presque à taire à la fois le but et la raison pour l'autre (je reste choqué non pas de la réplique de Scully sur les 37 enfants de chœur, mais par sa réplique sur la sœur de Mulder : après quelques minutes de film, on a déjà oublié qu'elle était leitmotiv des actions de Mulder dans la série et a continué de l'obséder au point qu'une affaire sans lien pourrait être réellement ou symboliquement liée (pour ceux qui le peuvent : voir l'épisode Paper Hearts, même si par sa ponctualité ce n'est peut-être pas un exemple pertinent)), les deux continuant à s'exprimer et reprenant leur expression d'avant à travers cette histoire de prêtre pédophile et de corps disparus sans raison apparente) et ne pouvant (je place plusieurs niveaux en même temps, c'est un peu douteux mais tant pis) s'extraire que dans une dernière farandole, une dernière danse en couple qu'est ce film. Ainsi, ceux qui restent pendant/après le générique verront, en regard du dialogue final, une sortie devenue extraction du monde horrifique en un retrait comme obligé d'être heureux et schématique. Après tout ce qu'il y a eu, que reste-t-il à croire, à vouloir croire ?

Oh, le scénario n'est même pas mauvais. Le traitement, lui, est un peu bancal : on se demande presque s'il était nécessaire d'intégrer deux nouveaux agents du FBI dont l'une disparaîtra misérablement sans qu'on n'ait vraiment rien su d'elle (alors que son placement mi-admiratif mi-perplexe face à Mulder aurait pu augurer des choses intéressantes si le film était parti dans une autre direction) et dont l'autre sert de contrepartie pragmatique si molle qu'on ne sait pas trop s'il est convaincu lui-même (à cette image, c'est peut-être lui le plus proche du film), ou s'il n'aurait été plus judicieux de résumer tout cela à coup de téléphones et d'autres absents physiques. On se demande d'autres choses ; si la bonne idée de séparer Mulder et Scully (en fonction) une bonne partie du film est réellement, à l'écran, une bonne idée : le climax qu'auraient pu être les retrouvailles finales n'a pas tant d'intensité que ça et plus généralement, eh bien le couple fonctionne justement en tant que couple (sauf exceptions : si vous pouvez allez voir l'épisode Le shérif a les dents longues), le yo-yo géographique se liant au relationnel ne parvient pas à s'approprier les tensions. On pourra aussi féliciter les gens qui l'ont fait pour que toute une partie du film (qui donne le sous-titre français du film : Régénération) soit réellement en fond, jamais vraiment présente ni expliquée autrement que par des rapports très vagues à ce que fait Scully, ce qui aurait été un bonus non négligeable si le reste du film était mieux mené, ou autrement axé encore une fois (avis dans le vide). Et effectivement, dans cette optique, un film partant sur les bases de complot et d'extraterrestres aurait pu, sinon gommer des choses étranges et/ou perfectibles probablement, du moins faire en sorte qu'elles soient plus en arrière dans la tête de qui regarde (devrait-on donc à Chris Carter d'être sincère et de larguer l'intrigue gouvernementale pour nous offrir un squelette renouvelé de la relation Mulder/Scully ?) (si on peut vraiment l'avoir, cette resucée de complot, on ne s'en plaindra pas non plus, hein ; le film n'est pas parfait mais tente son propos, et pourrait annoncer un mélange adéquat pour 2012), et plutôt qu'eux deux servant de prétexte à une resucée de complot, c'est la régénération qui, à peine vue dans son propos paranormal, s'en vient envahir le sentiment par la dernière incarnation d'une entité large dont seul les deux personnages ont toujours émergé comme monuments incassables.


* Leonard Betts, bien qu'il ait été choisi au hasard, est un personnage dont l'activité peut effectivement se rapprocher de celle du film, même si c'est de loin.

24.6.08

pouet

Erm; je reprends depuis quelques temps les X Files (environ milieu de saison 2), et me fait en regardant des remarques variées, à l'intérêt varié. Comme le fait qu'après autant de fois ce générique vu, je m'aperçoive maintenant du fait que la première photo, celle avec l'OVNI, contient une inscription en bas à droite ; ou comme cet épisode (2x13, le fétichiste/irresistible) dans lequel on voit bien plus précisément que l'agent Scully est choquée par les corps profanés alors même qu'elle est médecin légiste et que (disons supposément), d'une certaine manière, elle doit être habituée aux choses pas très nettes, montrant ainsi une distinction radicale entre le corps toujours humain (celui, ceux des tombes, malmenés) et le corps devenu objet scientifique (et qui, presque par définition, ne saurait être profané) qu'on avait quelque mal à lui accorder… et comme par magie, plus tard, l'épisode avançant, on la voit exprimer ce sentiment d'humanité encore présent qu'elle oppose à ses autopsies, comme dégagées de toute considération autre que clinique ; ou comme ce début d'épisode (2x12, Aubrey) dans lequel on voit ce bon Terry O'Quinn, notre John Locke sur son île, dans un rôle de commissaire moustachu, déjà absorbé dans ses mimiques compulsives et nonchalantes ; ou même un peu plus tôt ce drôle d'épisode (2x7, les vampires/3) où, Scully étant absente, Mulder se voit en relation directe avec une autre femme, comme pour combler un manque de sensualité se baladant autour du personnage isolé et des spectateurs ; ou comme cet épisode (2x9, intraterrestres/firewalker) dans lequel Mulder trouve un improbable alter ego à la recherche de vérité, comme méprisé en cachette car concentré sur l'intérieur et non l'extérieur, et pourtant ayant ce qu'il faut pour soutenir ce que ses recherches ont découvert. Oh, c'est inégal, on a quelquefois des épisodes s'achevant sur un plan du mutant ou de la sorcière traité dans le cas de l'épisode, arrivant pour recentrer sur "c'est pas de leur faute c'est comme ça et puis crotte" un peu emmerdant à la longue (à vue de nez je lance le 2x2, le 2x11 et le 2x12, peut-être aussi le 2x10 voire le double épisode sur Duane Barry), des problèmes de rythme et parfois des SFX qui puent un peu du fion, mais pour l'instant tout va bien. Enfin je ne voulais pas parler de ça, je sais plus. J'avais des souvenirs emmêlés, je voyais le début de la saison 1 dans la jungle où se situe en réalité le début de la saison 2, quelques épisodes totalement oubliés et quelques uns émergeant au milieu de tout ça (ceux sur la vérité, Eve, les deux épisodes avec Tooms, Quand vient la nuit et son fameux vert, le huis-clos arctique, etc.), et tout va bien.

Reprenant la lecture j'ai entamé Kissed By, d'Alexandra Chasin. Du peu (un tiers) que j'ai vu, c'est assez intelligent pour être drôle, assez drôle pour se permettre d'être intelligent (et je suis fier de la formule). J'ai jeté un coup d'œil sur la fin, à moitié pour voir s'il y avait un sommaire (il est au début, je suis con moi aussi), et j'ai vu sept index chargés. Et d'autres surprises.

J'ai bien compté et j'ai déjà 30.000 mots (un peu plus) d'un texte. Je ne sais même pas de quoi ça parle (il y a des faux chinois, un morceau d'essai sur la parentalité dans Dragon Ball, un gugusse qui s'appelle Sophocle Cambrure, des boules de glace et de la Bolivie), donc j'imagine que ça sera fini à 34.000 ou à 250.000 mots. Enfin c'est toujours mieux que rien et, à un certain niveau, ça semble bien mieux que le gros truc précédent (qui ne savait pas trop quel était son sujet non plus à vrai dire). Bref.

Et, ah, du foot. Je—Felipe Massa a gagné à Magny-Cours. Même si j'aurais préféré une victoire de son coéquipier, ça me va.

28.5.08

et des boules de glaces, qui agiraient comme dans des sentai...
  • PISTACHIO
  • FRAISUS
  • BANANAX
  • CASSI
  • MANGO
en formation.

sic

6.5.08

amusement


4.5.08

Veronica Manganese

20.4.08

2047 -- eximplications

Explications d'un morceau de la contrainte du message posté pile avant.
1024 premiers mots : suppression d'une lettre (pas gênante à ce niveau-là) - lipogramme 1.
512 mots suivants : suppression d'une deuxième lettre (pas gênante) - 2.
256 mots suivants : suppression d'une troisième lettre (ça commence à serrer) - 3.
128 mots suivants : suppression d'une quatrième lettre - 4.
64 mots suivants : suppression d'une cinquième lettre - 5.
32 mots suivants : suppression d'une sixième lettre - 6.
16 mots suivants : suppression d'une septième lettre - 7.
8 mots suivants : suppression d'une huitième lettre - 8.
4 mots suivants : suppression d'une neuvième lettre - 9.
2 mots suivants : suppression d'une dixième lettre - 10.
Dernier mot : suppression d'une onzième lettre - 11.
(sans compter les absences involontaires d'autres lettres)

Soit 2047 mots (c'est du moins ce que le compteur intégré au traitement de texte me dit, rien à voir avec le film chiant de Wong Kar-Wai) me dit.
Au passage, j'ai pu me rendre compte que 1984 (coucou Orwell) est 1024 + 512 + 256 + 128 + 64.

Nota 1 : le texte participe d'un ensemble plus grand, tant pis si les motivations (haha ?) ne sont pas claires.
(Nota 1.5 de quelques jours plus tard : le texte est considéré comme trop faible pour faire partie d'un/de l' ensemble plus grand. )
Nota 2 : le texte participe aussi d'une volonté de non-réversibilité de son précédent immédiat, i.e. pas de correction du texte en amont (c'est à moitié faux étant donné qu'il a d'abord été rédigé en 1000, 500, 250 avant de voir qu'un peu plus loin je ne pourrai pas trancher entre 62 ou 63 mots (un demi-mot n'existe pas), mais c'est surtout aux trois quarts vrai).
Nota 3 : évidemment, les lettres partant une à une peuvent former un mot, puis un autre, puis un autre, puis un autre puis deux, puis deux encore, puis.
Nota 54 : le mot 1024 contient la lettre qui disparait dans les 512 suivants, et cetera. Je n'ai par contre pas poussé le vice jusqu'à allitérer (ou par voyelles) dans tous les sens.

2047


Chaussé de mocassins à la façon daim, d’un galurin cow-boy, cardigan nacarat autour du poitrail, Sol (alors s’intitulant R. B.), tout transi, faisait son troubadour urbain, souriant, chantant fort sur un trottoir, sur huit trottoirs, à Paris (il croit (croyait) ça), s’y baladant bandant dans son pantalon trop grand, poussant ainsi à bout son slip sous d’aucuns bravos ou cris badins (« paladin viril ! » ou plus impoli) sortis d’un (ou six) badauds (ou malandrins) du coin, paysans voisins hurlant ahuri(s) par son phallus rococo, tous soumis (y compris Sol) à l’alcool. Gravitant autour dudit Sol, un pygmalion flambant
Avant ça, sorti du boulot, riant autour d’un gros bocal (un aquarium), lui (Sol) balançait pataud sur un portail. S’avisant d’un canon passant pas trop loin, il chanta l’amour soudain qui vibrait pour la chic nana (illumination !) (un bijou aux jolis appas !) dans son corps, loin du goujat ou du malotru ou du fat il lui lança dans l’air son chant, sa voix roulant sans hasard sur rubans tordus pour courir au but voulu, ici fut donc un truc dont l’impact alla à la conclusion : la nana stoppa son pas adroit, tourna son corps plaisant, vit Sol qui bouillait à vingt bonds. Puis, la nana s’approchant, il accabla d’abord son orillon d’airs flambants, allant prompt, lui susurrant d’abondants mots d’admiration, gazouillant mots doux d’un cocon ou mots cochons quasi tabous…
Soupirant : Y a-t-il un nom vous clarifiant, mignon joyau ?
Piano : Subaru M.
Ravi : Ho. Du Japon. Subaru, un croustillant sandwich au clair lunal vous dirait-il ? Puis nous pourrions… nous voir autour d’un carafon, un balthazar.
L’air coquin : Ou un nabuchodonosor.
Jovial : Parfait. Dansons !
Tournicotant, l’impromptu duo va au bord du trottoir, faillit choir mais accomplit un fait inouï, partant sur un hardi azimut, dans un ravissant tourbillon. Plus au Sud, trois instants passant, Subaru applaudit un babouin jonglant, accompagnant un poilu portugais jonglant lui aussi (pas inclus dans l’admiration à Subaru), jonglant donc (babouin). Six brandons ! Bravo babouin. Sol, dubitatif, choisit d’applaudir un brin lui aussi. Ici ou là, un millions d’abrutis hurlant la promotion du babouin.
L’ami portugais, contrit d’un si grand affront (aucun bruit pour lui mais tout un tohu-bohu pour l’idiot babouin, troublant…), bondit au bas du podium d’impro, criant sur d’aucuns son affliction. On lui fait savoir rapidos qu’il n’a pas raison, son minimum syndical puant (un soupçon) l’idiot, « ton truc vaut autant d’ubik qu’un vacuum, andouillard ! », qu’on lui brait fort dans son ciboulot « compassion pour babouin, oui voilà c’qu’on a ! lui au moins n’a pas choisi, on voit aussi dans son air qu’il vous hait, qu’il maudit vos trucs, qu’il vomit son sort ». L’abstrait portugais pond : « Ah ! Ça, vous ! Vos savoirs sans fond ni fonds sont affabulations. Mon ami Bongo, un babouin, oui, vit ici puis cinq ans jà, jamais n’a plaint sa condition, j’irai aussi jusqu’à garantir qu’il vit tout gai, satisfait du lot autour. », un public, s’opposant sans plus savoir pourquoi : « Tyran ! Ton jour sur l’animal ici vivant n’aura pas plus d’instants futurs, toi
Sol produit un brin sa traction sur la main à Subaru, lui susurrant « laissons l’idiot discourant son baratin à un abruti aux longs baragouins insignifiants. » Plus loin : « Allons donc plutôt nous nourrir d’un frugal sandwich, ainsi qu’avançait ma proposition. Puis nous pourrons, pourquoi pas, ah, allons-y franco, courir à mon appart’, à ta maison, pour y assouvir nos pulsions et nous sur affaiblir sur un lit, fichu lit, navrant lit ployant sous nos corps. »
Subaru souscrit sans fric au contrat baisal.

PAF, aucun sandwich, frugal ou non, tout droit à la maison, hop, ça y va tout glissant vulval tout croupion tout coïtant BANG PAN passion pan dans l’cul, un vagin un phallus un duo d’anus un duo buccal, hop tout part autour d’un milliard (trois !) à combinaisons du kama-sutra ou RAAAAA all night long plus ou moins, plus ou moins car à plus ou moins trois horos du matinos, un bruit incongru, fort, aigu, pulsa dans la maison à Subaru, faisant finir sans sommation (mais si sommation) un coït long.
Discussion.
— Ton mari ?
— Mais non, abruti.
— Alors quoi ?
— Un ragondin ? Sun Quan ?
— Qui ça ?
— Un chinois. Un chinois mort.
— Mais pourquoi ?
— Sais pas moi, pourquoi pas ? Un ragondin aussi c’tait con a priori.
— Vrai. T’as du cran pour vouloir un ragondin ou un chinois mort, ici, quasi dans ton lit.
— Idiot.
Bruit. Inconnu. La situation—
Oh ! Un toubib (on voit ça à son habit blanc) joufflu (on voit ça à du gras parcourant tout son corps) surgit par un portail pourtant clos. D’un coup Sol bondit pour aboutir son cabochon mafflu. Poing droit, panard droit, coup dans son nombril, coup haut frontal sous son pif. Toubib knock-out, râlant plaintif. La suspicion s’installant, Subaru sort du lit, lâchant son coussin, va au toubib, grappillant son pouls.
— Mais pourquoi a-t-il fait du bruit ? S’il voulait nous froidir, il aurait choisi son motus. Pas malin pour un toubib. A moins…
— Oui, qu’il ait voulu mourir.
— Aussi, mais. Stop, dis-moi s’il a un signal incongru sur son bras.
(durant tout ça, Sol a toujours son phallus bandant, voulant rapidos son coït rompu)
— Ah. Sol, vois, il a un truc anormal. Un poinçon cobalt là, puis au moins huit par ici, formant un… Oh, abracadabrant, formant un abricot dansant la polka on dirait, oui la polka.
— Un abricot ! TRAHISON ! Pizza pizza~ !
Il accourt au corps du toubib pour voir ça. Oui, un abricot. Dansant. On dirait qu’il (l’abricot) a l’air jovial, pas trop courtois aussi, un diapason dans sa main.
— Ça m’a tout l’air d’un complot. On dirait
Piano, Titus Pullo sort du couloir où il languissait. Applaudissant Sol pour son illumination. « Bravissimo », dit-il souriant. « Tu vois, Sol, un toubib suffit pour t’ahurir, nous n’aurons plus goût à assaillir ton cul si adouci, gros ramolli… Tu sais pourtant qu’au Nord nous voulons ta participation à nos complots. Rachid Bilovitch aura fort à accomplir pour ta soumission. Ton bluff finira mal, sais donc ça.
— Mais pourquoi un toubib ?
— Ta fabulation dit toubib, ton hallucination dit toubib. Mais vois sous son mascaron rubicond sa conformation. Tu sauras alors—
— Ahah, Titus, toujours aussi impulsif. Ça conduira ta fin.
Soudain Sol saisit un bonbon (azur), fait trois fluctuations du bassin, catapultant ainsi l’azur bonbon, qui va droit implosant sur Titus, fumant, noircissant tout autour. Sol court, bruyant, ouvrir l’hublot puis va sous l’imposant lit à Subaru. Titus, impulsif (oui), trouvant sa raison hors du noir fumant, soupirant (« Boudiou, trop pas subtil. Chiant… »), bondit par l’hublot, criant Taïaut. Assolant il poursuit un contour passant pas trop loin, convaincu dans un brouillard quasi marron.

Sol, sortant du lit, dit à Subaru qu’il, l’idiot Titus, pourrait courir durant au moins trois saisons sans voir qu’il suivait un mauvais couloir, nous pouvons donc partir sur un hardi joli coït. Parcourant d’x à y, w aussi l’idiot.
Subaru boit du soda.
— On fait quoi du toubib ? Il a l’air mort.
— Ranafout’. Mais pourquoi un portrait d’Akira T. sur ton mur ? Mais ! On dirait qu’il a du cristal autour du cou. Inouï !
— Bon, CHUT, finis donc ton boulot, voilà mon minou, vas-y hop hop hop sors ton dard, ou plutôt… ah non, toujours à poil, va donc au but.
— Prima Donna, j’ai faim.
— Prima Donna, pourquoi pas. WITH A TWIST. Un twist syncopathicus.
Un instant plus tard, Sol oracula. Jusqu’au plafond, sans qu’il soit normal d’avoir autant d’action. Au plafond, non mais, ça n’a aucun vrai, trop fantasmant ou du moins trop idiot.
— Tu vois, tu sais, un portrait d’Akira T., si haut, si laid pourtant, pourquoi ? J’l’admirions aussi, mais là… un pas franchi. Un pas trop troubadour.
Subaru, l’air conciliant, lui fait voir qu’il dit du caca. Tout ça vaut un canon, donc Sol, s’il vous plait, plus un mot, ça vaudra pas plus mal, non ? vos amours sont donc si… nains.
— Trahison !

Sol fuit (pas dans l’axial à Titus), puis boit. Voilà pourquoi, à l’instant, Sol a toujours son zob tout dur, bandant dans son pantalon. Chicots abrasifs, mains tançant un abruti hurlant du coin. Pif. Paf. Droit dans ton bidon, couillon. Allant fourbu avoir son coup d’alcool au bar du coin, Sol ramassa la Ray Ban du couillon, qui vivait à la façon d’un robot kitsch du cosmos, oubliant automatiqutacboum son flux. Sans plus d’aplomb, mi-rompu par l’air pulsant autour, Sol tintinnabulant va tout droit insubmarsouin au Titanic, bar maladif imposant où tout va sombrant, mais, car il y a un mais, mollo oui, sombrant mollo, sans plus participants mais suivant un apokalupsis bouffon, , oui bouffon, un truc tombant dans son plaisir automatisant, dans sa volution chorus (il y a trois ans, Titanic coula tout droit suivant un patron poltron, il y a six ans aussi, Titanic chavira par un vol amplifiant à dix-huit ans jà Titanic s’abandonna sur un trou aux capitaux, usw.), arrachant ici ou au coin d’aucuns cris paradisiaux. Moribond, soupirant façà un vasistas du Titanic, un couyon murmura qu’son fiasco n’avait pas d’union aux humains. Pas à voir. Pas qu’son fiasco soumis, mais Fiasco au haut F, toujours un mort n’a pas d’accointant à un Humain, au haut H aussi. In abstracto, car sarcasmant sans qu’autour on voit ça, un couyon disait qu’un chut faisait aucun bruit. — Aucun ! Ça n’a à voir qu’au rapport ! Jamais nos façons n’iront. Fructifiant, non. Chambardant, non. Transformant, jamais, j’vous dit ça comm’ ça… Jamais fut tout, jamais n’aurons.
— Oh, tu fais ton bovin. Chiant.
— Non !
— Si, bovin, rustaud rococo. Tu dis du bon, mais un hanap d’arak aura toujours raison sur ton corps, du coup tout trop chiant.
— Voici, au moins j’dis du bon. Assobri ça s’ra comparab’, tu sais tout ça.
— Non. Ou si. Ouais.
Un drojki s’introduit dans un trottoir adjaçuvant.
Bart (oui, « S. s’nommant jadis B. », tout ça fut inscrit), passant titubant, s’approcha du duo causant. Baston. Non, aucun. Courquoi un pombat ? Pharos appuyant contours barbus ou viciains, ombrant sous d’aucuns photons d’amphibourri. Bart stroboscopant, paumant jusqu’à sa main dans un apparat chroniquant si puissant, coruscation ourdissant par ici. Abandonnant son avis d’antan, B. part sur Titanic, baroudant, hardi, quasi-fanfaron. Ouvrant un truc Bart voit six souris paradant sur un comptoir, puis un autochton. Un non-dit : autochton, chiant chantant, boit sa vodka.

Fascinant… bandant, Bart sur un brancard afin d’injactir du rhum rapidus, puis un sandwich si ça va. Instants passant sans qu’un habitant du Titanic par ici. « Hi ! Ha ! J’ai faim. » Tutti du cinabrakutus partant à priapus, Bart, appauvri, a du fait un brin d’appantit irrassasiant qui aim’rait sa paix, car ça fait du barbant, Bart va chafrin, sa faim s’avançant sur sa chair. « Du miam, du miam à Bart. »
Transitant transi, Bart par hasard attrapa fric-frac un pain charchutant. Massant pansu, mâchant sans praxis.
— Qu’as-tu ? dit un sacristain massif, maffrux.
Fin du truc, Bart part dans un parc juxtant, suit un mandarin aqua puis attaqua. Puf. Humidant, buvant un brin, B. jamba sans mistraux. Suivant sans fin un mandarin aqua puis attaqua. Puf. Fraîchant, buvant un brin, B. brancha sans bistraux. Suivant un canard, futur cirrus bandit. Y avait, pas vrai, un jury du canard vaquant.
Bink axquis au hasard. Narcissidiscursif, causant, cuit d’ici. Canard candarin pas bavard suivi sur un kayak fard d’andin…
Ancrant. Sur pur quasar azur.
Cancanant, canandarin fuit subitus.
Quasar accru, attardant au nacarat. Un sursaut canard !
Qutatis Qutandis, un bizut bandit vitant arriva ici au parc, abandonna du fard nitra.
Razzia. Un. Bart vaut ta fin, ahuri piaf ravi. Canard parti à un infini, cuivri. Tant dur, tant.
~Divin haut.

Capriciant, appraxicanardant, Bart va titibant râtir canardin. Titan. Bikini cyan, Bart finit à aqra panachard criant.
Infini, canandin, Caïn Caïn. Tapin tippant, chiant, fichait.
Haï ici, B. china.
Ani fapa.
Iniq.

3.4.08

The Sanza Affair

(attention attention, ce qui suit dévoile la totalité de l’intrigue de The Sanza Affair (Altmann’s Tongue, Brian Evenson). Si vous ne voulez pas en savoir plus, stoppez votre lecture au premier nom de singe qui arrive dans les mots qui suivent. Autruche. C’est une des histoires les moins « violentes » du recueil, plus longue et laissant presque les meurtres de côté par son aspect moins direct. Mandrill.)


1) La piste factuelle. (il n’y a pas de deux)

Si l’on ne sait pas exactement où et/ou quand se déroule cette histoire, on peut au moins tirer de l’agencement pratique des événements le cheminement de la mort de Lund (vous me rétorquerez qu’il n’est pas à proprement parler mort, je vous dis simplement que ça n’a aucune importance), de lui seul, à partir du moment où les rouages quittent d'autres personnes pour qu'il se fixe sur leur rythme, qui se résume au final à « des gens lui tirent dessus ». On peut remonter les pistes, dire qu’il a fouillé la merde, les faits sont là : il est mort.

a) la piste policière. (il y a à peine un bé)
Remontons. Sanza est mort. Les pistes ne sont pas des plus claires, personne ne peut expliquer pourquoi il est mort mais tout le monde, interrogé (sa femme, son seul ami, sa secrétaire, ses collègues, ses supérieurs), a quelque chose à en dire. On sait simplement qu’il enquêtait sur une affaire normalement classée depuis longtemps, réouverte avec de nouveaux éléments, et continuée malgré les demandes de plus en plus pressantes d’abandon faites par ses supérieurs. Il devient évident qu’ils ont quelque chose à cacher, que c’est probablement pour cette raison que Sanza a été refroidi (euphémisme drôle). Quelque chose est là, se balançant à la frontière entre le complot de petite envergure et l’envie de finir ses jours devant les barreaux, moment classique du commissariat fantasmé. Ça résout l’affaire et à la fois ne résout rien ; on suppose d’abord, l’histoire est menée comme telle, que sa femme ou son ami ont à voir avec tout ça. Réfutations, suspections, choses étranges (il est possible que Sanza s’envoyait lui-même des cartes postales et était son propre correspondant dans des parties d’échecs interminables). Des pistes qui se forment et qui vont dans des culs-de-sac plus ou moins profonds et élaborés, conduisant parfois en des couloirs successifs. Des histoires de bols, de petits pois, des théories improbables à leur propos et l’étude de la plupart de ces pistes, représentatives d'ensembles absents. On retrouve des pièces sous les paupières de Sanza et d’une autre victime, qu’on pourrait qualifier, en restant assez neutre, de « collatérale ». Pourquoi ? On trouve un papier sur lequel est écrit « anamnèse » sous la langue morte de Sanza. Bien, cela correspond au reste. Mais cela n’indique rien pour autant sinon l'idée, provoquée, du petit complot fomenté derrière les bureaux.

On nous présente des preuves et des faits. Quand il n’y a pas de preuves, on nous présente des faits, et inversement. Si ni l’un ni l’autre ne sont là, les estimations sont données, allant d'un extrême à l'autre suivant qui en parle. On verra là aussi que les petits morceaux de vérité(s) ne sont pas forcément où on pouvait s’y attendre : alors que la secrétaire de Sanza nous annonce que ses supérieurs (à Sanza) (donc les siens aussi) le violentaient presque, le menaçaient frontalement, eux-mêmes nous disent qu’ils n’ont fait que leur travail normal, lui demandant à demi-mot de s’arrêter, insistant quelque peu uniquement après son manque de coopération, après tout il y a plus important à faire. Pourquoi pas. La distorsion arrive lorsque Lund, chargé de l’enquête de Sanza, en vient à soupçonner les supérieurs en question ; ils lui demandent effectivement de s’arrêter, mais rien n’est physique avant la fin, les menaces sont mielleuses et implicites, et ne sont que peu des menaces, comme ils disaient faire à propos de Sanza. On en vient à soupçonner aussi la secrétaire, pourquoi pas une menteuse, et Lund même, qui pourrait bien avoir quelque chose à cacher, tant qu’on y est. En parallèle, rapidement ou non, on s’aperçoit qu’on est (encore une fois, peut-être) en présence d’une chaîne et non d’un simple camouflage de crime. Lund enquête sur Sanza, qui enquêtait sur « l’affaire Hadden ». On ne sait pas grand-chose de cet Hadden, ni du Ramsay qu’il a tué, mais pris comme ils viennent, les éléments peuvent indiquer qu’il (Ramsay) enquêtait lui-même sur quelqu’un qui enquêtait sur etc. Même s'il ne le faisait pas comme Sanza ou Lund, il a été refroidi parce qu'il s'intéressait de trop près à des choses qu'il n'aurait pas dû suivre. On nage en plein dans un imaginaire fantasque de police et de vendettas timides, de figurations rêvées, tout en se débattant pour rester terre à terre, aidé et ancré par les multiples pistes tout ce qu'il y a de plus matérielles. Happés dans un engrenage fascinant, ersatz de mouvement perpétuel dans lequel des gens meurent uniquement pour avoir vu d'autres gens morts.

b) la piste qui glisse.
On peut aussi supposer le suicide de Lund. De Sanza. Ainsi de suite, du prochain ou du précédent. La recherche de la vérité a du bon, mais il court dans la gueule du loup et le sait. Et y va, découvrant en même temps que celle de Sanza sa propre fin. Le principal problème de Fox Mulder, c’est qu’il a toujours su que la vérité était ici.