tand—ouais, tandis—tandis je m’approche à grands pas de plus en plus vite (pas simplement vitesse ; accélération) de la fin du Lost Scrapbook d’Evan Dara, je me demande encore quand et où exactement s’y trouvent les points de rupture et s’ils sont effectivement dans le texte; Dara prend sa situation, zoome puis s’éloigne : la situation a disparu, est changée plutôt, on ne sait pas vraiment quand, n’a pas su non plus s’il s’est approché des points (ou des lignes) en question, comme un magicien qui attire le regard, attise le regard sur un point précis pendant qu’il se tripote la quéquette à l’abri des yeux et fait son tour là où on ne regardait pas, même si on était effectivement fixé dessus, zoome encore, se retire on ne sait plus vraiment si la situation en action est déjà intervenue ou non… tout est continu et tout est en rupture, le lien est visible au milieu des fragments qui se décollent, tandis donc que je vais encore au milieu de ces faux anonymes et de leurs idées sur la simultanéité et la variation, je m’imagine—non, il n'y a pas à vrai dire de zoom, juste des vues transversales ;
il fait froid j’écris des bêtises sur un astronaute revenu du Saw de Katz un peu en retard, il fait froid je n’ai pas envie de m’arrêter pour prendre une ou des photos ;
et c’est comme si—non, finalement aucun rapport—deux choses, deux belles choses, belles pour différentes raisons, se liaient par hasard, comme si on trouvait Rachel Bilson avec du Dostoïevski entre les mains : on a envie de faire des choses, de toucher le fond et de s’apercevoir qu’on titille le summum ;
Henry Miller toujours sorte de liaison entre Kerouac et Bukoswki, lisant assez distraitement il faut dire son Plexus, quelques mois après son Sexus, quelques avant il se peut son Nexus, je tombe—et m'amuse—sur des choses comme « Certainement, dis-je, docteur Karl Marx, de l’Institut polytechnique. Vous pourrez m’appeler demain matin si quelque chose n’est pas en règle. M. Cromwell est un ami à moi, un agent du F.B.I. Il a un peu trop bu. Vous vous occuperez de lui j’espère. », je ris et me demande encore pourquoi je n’ai jamais aimé son Printemps Noir, sa prolixité finit par m’emmerder mais j’en redemande ;
j’ai envie de faire un tour de Kingda Ka, de voir ce que ça peut donner ;
le mouvement s'est figé et je ralentis ;
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14.11.07
10.10.07
Tas.
En vrac et sans motivation;
J’ai lu Half Life (Fausto en a parlé il y a peu — à vrai dire le jour même où je recevais le bouquin c’est chouette hein), de Shelley Jackson. L’histoire de Nora, de Blanche, deux sœurs siamoises (un corps, deux têtes) dont la deuxième a comme un problème de vivacité depuis une quinzaine d’années. Nora décide de faire couper la tête de Blanche (meurtre ? euthanasie ? suicide ? bof ?), poids mort assez gênant. Contact avec une mystérieuse organis— bref donc occasions de se poser des questions sur la relation fraternelle, de revenir sur l’enfance, de se demander si Blanche, si inactive qu’elle ait l’air d’être, ne se cacherait pas dans la tête de Nora (à ce niveau-là, savoir si Blanche est réellement vivante ou non n’a plus trop d’importance), de savoir pourquoi Blanche est sortie du monde, d‘apprendre un peu. De rigoler un bon coup aussi (du comique de niveau haut), avant de s’apercevoir que le monde uchronique qu’on parcourt (les U.S. of A. se sont flagellés avec des bombes atomiques après Hiroshima et Nagasaki, d’où les modifications radioactives siamoises) est le même que le notre, avec ses minorités, pire encore peut-être, avec ses majeurs qui tentent par divers moyens de changer (vont se faire greffer une pseudo-tête parce qu’ils estiment être séparés de ce qu’ils auraient dû être), des psychologies alternatives d’abord pour s’approcher de ce qu’est l’interne d’un siamois, puis qui s’étendront au monde des gens normaux, des défenseurs de tout, de rien, des problèmes et des solutions rigolotes. Fusion, fission.
Peut-être un peu moins convaincu sur la fin, dans un ensemble peut-être plus inégal peut-être, quand le texte se veut embrasser sa forme cyclaire, cassant son rythme comique et fou pour atteindre ses propres lignes au propre (c'est explicité plus d'une fois) comme au figuré hors du propre.
Lu aussi Snow White, la réécriture de Blanche Neige de Donald Barthelme. Avec des faux nains et des cheveux, un prince qui viendra. Collage malade d’une Blanche Neige en manque de mots, collage de trous, d’hideux mateurs et de bruits gras catachrèsiques. De trucs blancs, de neige que l’on retrouve sur un écran de télé déréglé, celle qui forme des images hallucinées de vérité quand on regarde derrière et qui est une preuve (sic…) du fond diffus cosmologique. Deux choses qui me font impression: le roman et le fait de ne rien pouvoir dire de malin à son propos, même en forçant un peu.
Vu Control, d’Anton Corbijn, biopic (comme on dit) sur Ian Curtis, leader de Joy Division. Je ne connais rien à Joy Division, à peine plus à New Order (encore à peine plus sur la musique en général), ai décidé un peu au pif d'aller voir. J'aime. Joy Division et le film. Au milieu des 70es, avec du Bowie ou des Sex Pistols qui montent. Réussi, se concentrant un peu trop sur les histoires de cœur de Curtis (le film se base sur le bouquin de sa femme, on comprend mieux l'axe sur les petites affaires avec une belge et son rôle de père mi-indigne, mais ça donne un résultat assez gênant suivant une équation entre problèmes de couples, coucheries extestines, et suicide assez peu (trop) équilibrée, alors que (merde) ses tromperies n'étaient qu'un aspect des trucs qui le rongeaient, une conséquence et non une cause comme ça a l'air d'être ici présenté, ce pauvre mec presque muet et épileptique qui danse comme un grand malade qui a fini). Beau dans son noir et blanc déjà déphasé, dans son Angleterre migrante et ses bagnoles teufteufantes encore, un mec un groupe qui fait font son leur son truc, se dépasse lui-même et se retrouve comme un con à devoir aller là où il est déjà. Puis les côtés, les marges tremblantes, avec un mec (Sam Riley) qui joue Ian Curtis tout triste et ivre de rien, tout étrangé de devenir.
Je me demande encore de quelle couleur seront les bouquins de la Pléiade du XXIème siècle. Rose bonbon, épinard, céruléen, kiwi kaki caca d'oie. Et qui sera le premier estampillé nouveau millénaire.
En ce moment je lis l’or, de Blaise Cendrars, l'histoire de Johann Augustus Su(t)ter; et The Magic Kingdom, de Stanley Elkin, l'histoire de gamins anglais en glaise qui vont à Disney World pour s'amuser un peu peut-être avant d'achever leurs phases terminales. Henry Miller aimait Cendrars. Henry Miller aimait Knut Hamsun. Hamsun a été, en 1920, prix nobel de littérature. Le 2007, c’est demain qu’on sait et qu’on s’en foutra un peu plus. Elkin est magnifique.
Je voulais le signaler chez g@rp mais ai probablement oublié, ça me revient maintenant et pendant que je suis là autant continuer à faire bouger mes index sur mon clavier. Mon exemplaire folio de Madame Bovary est contaminé par La Maison des feuilles. Page 60 (première partie chapitre II), "Une jeune femme en robe de mérinos bleu garnie de trois volants, ..."
Mon bleu (en noir) disparaît, la vérité est ailleurs (une page quelconque plus avant dans le roman).
J’ai lu Half Life (Fausto en a parlé il y a peu — à vrai dire le jour même où je recevais le bouquin c’est chouette hein), de Shelley Jackson. L’histoire de Nora, de Blanche, deux sœurs siamoises (un corps, deux têtes) dont la deuxième a comme un problème de vivacité depuis une quinzaine d’années. Nora décide de faire couper la tête de Blanche (meurtre ? euthanasie ? suicide ? bof ?), poids mort assez gênant. Contact avec une mystérieuse organis— bref donc occasions de se poser des questions sur la relation fraternelle, de revenir sur l’enfance, de se demander si Blanche, si inactive qu’elle ait l’air d’être, ne se cacherait pas dans la tête de Nora (à ce niveau-là, savoir si Blanche est réellement vivante ou non n’a plus trop d’importance), de savoir pourquoi Blanche est sortie du monde, d‘apprendre un peu. De rigoler un bon coup aussi (du comique de niveau haut), avant de s’apercevoir que le monde uchronique qu’on parcourt (les U.S. of A. se sont flagellés avec des bombes atomiques après Hiroshima et Nagasaki, d’où les modifications radioactives siamoises) est le même que le notre, avec ses minorités, pire encore peut-être, avec ses majeurs qui tentent par divers moyens de changer (vont se faire greffer une pseudo-tête parce qu’ils estiment être séparés de ce qu’ils auraient dû être), des psychologies alternatives d’abord pour s’approcher de ce qu’est l’interne d’un siamois, puis qui s’étendront au monde des gens normaux, des défenseurs de tout, de rien, des problèmes et des solutions rigolotes. Fusion, fission.
Peut-être un peu moins convaincu sur la fin, dans un ensemble peut-être plus inégal peut-être, quand le texte se veut embrasser sa forme cyclaire, cassant son rythme comique et fou pour atteindre ses propres lignes au propre (c'est explicité plus d'une fois) comme au figuré hors du propre.
Lu aussi Snow White, la réécriture de Blanche Neige de Donald Barthelme. Avec des faux nains et des cheveux, un prince qui viendra. Collage malade d’une Blanche Neige en manque de mots, collage de trous, d’hideux mateurs et de bruits gras catachrèsiques. De trucs blancs, de neige que l’on retrouve sur un écran de télé déréglé, celle qui forme des images hallucinées de vérité quand on regarde derrière et qui est une preuve (sic…) du fond diffus cosmologique. Deux choses qui me font impression: le roman et le fait de ne rien pouvoir dire de malin à son propos, même en forçant un peu.
Vu Control, d’Anton Corbijn, biopic (comme on dit) sur Ian Curtis, leader de Joy Division. Je ne connais rien à Joy Division, à peine plus à New Order (encore à peine plus sur la musique en général), ai décidé un peu au pif d'aller voir. J'aime. Joy Division et le film. Au milieu des 70es, avec du Bowie ou des Sex Pistols qui montent. Réussi, se concentrant un peu trop sur les histoires de cœur de Curtis (le film se base sur le bouquin de sa femme, on comprend mieux l'axe sur les petites affaires avec une belge et son rôle de père mi-indigne, mais ça donne un résultat assez gênant suivant une équation entre problèmes de couples, coucheries extestines, et suicide assez peu (trop) équilibrée, alors que (merde) ses tromperies n'étaient qu'un aspect des trucs qui le rongeaient, une conséquence et non une cause comme ça a l'air d'être ici présenté, ce pauvre mec presque muet et épileptique qui danse comme un grand malade qui a fini). Beau dans son noir et blanc déjà déphasé, dans son Angleterre migrante et ses bagnoles teufteufantes encore, un mec un groupe qui fait font son leur son truc, se dépasse lui-même et se retrouve comme un con à devoir aller là où il est déjà. Puis les côtés, les marges tremblantes, avec un mec (Sam Riley) qui joue Ian Curtis tout triste et ivre de rien, tout étrangé de devenir.
Je me demande encore de quelle couleur seront les bouquins de la Pléiade du XXIème siècle. Rose bonbon, épinard, céruléen, kiwi kaki caca d'oie. Et qui sera le premier estampillé nouveau millénaire.
En ce moment je lis l’or, de Blaise Cendrars, l'histoire de Johann Augustus Su(t)ter; et The Magic Kingdom, de Stanley Elkin, l'histoire de gamins anglais en glaise qui vont à Disney World pour s'amuser un peu peut-être avant d'achever leurs phases terminales. Henry Miller aimait Cendrars. Henry Miller aimait Knut Hamsun. Hamsun a été, en 1920, prix nobel de littérature. Le 2007, c’est demain qu’on sait et qu’on s’en foutra un peu plus. Elkin est magnifique.
Je voulais le signaler chez g@rp mais ai probablement oublié, ça me revient maintenant et pendant que je suis là autant continuer à faire bouger mes index sur mon clavier. Mon exemplaire folio de Madame Bovary est contaminé par La Maison des feuilles. Page 60 (première partie chapitre II), "Une jeune femme en robe de mérinos bleu garnie de trois volants, ..."
Mon bleu (en noir) disparaît, la vérité est ailleurs (une page quelconque plus avant dans le roman).
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