28.3.08

Say "cheese"

Est un moment dans la vie d’un lecteur où le mot « souris » se voit immanquablement collé à Kafka. Pas cafard, pas même métamorphose, pas à cette échelle, peut-être procès. Mais « souris ». Pas non plus Mickey ou une autre petite bestiole anthropomorphe, mais la souris en général, l'idée de souris, individuelle comme collective. Quand Roberto Bolaño intitule une de ses nouvelles « Le policier des souris », on est déjà, au moins un peu, envoyé. Et quand quelques moments plus tard on s’aperçoit que José, le policier, a une tante qui s’appelle Joséphine et est cantatrice, il n’y a aucun doute possible, ça ne peut simplement pas être une coïncidence : la toute dernière nouvelle écrite par Kafka (composée en mars 1924 et publiée le 20 avril, Kafka alors moribond dans un sanatorium) s’intitule Joséphine la cantatrice ou le peuple des souris.
D’une manière générale, ça n’a rien de réellement étonnant, quelques thèmes sont connexes (autorité, oubli, perte, combat, tunnels), même si traités d’une manière différente, chez Bolaño et Kafka, et ici se retrouvent combinés et imbriqués un peu plus profondément.

La souris suppose que l’histoire se déroulera dans les égouts, lieu évocateur, tant par son aspect supposé de cloaque grouillant que par son existence, littéralement sous-humaine.
Si les deux nouvelles n’ont pas grand rapport (Le policier des souris suit Pepe le flic dans la résolution de meurtres, insolubles même après que l'on ait trouvé le coupable, alors que Joséphine la cantatrice raconte l’histoire de Joséphine en rapport à son public, son chant comme mode de ralliement et de convergence triste), les deux sont parcourues d’une tristesse maladive et surtout, comme en un dernier écho, le nom de Joséphine et sa présence, qui allaient à la fin du texte de Kafka, se perdre dans l’oubli prolifique de ses frères multipliés, existe encore chez Bolaño, lui accordant un sursis réel. Le peuple souricier se voit, en combinaison de l’égout, vêtir d’un aspect de groupe immanquablement sur le bord du désastre ou de la catastrophe. C’est d’ailleurs l’aspect qui prévaut chez Bolaño, où les belettes et les serpents aveugles ne sont jamais bien loin, et où c’est l’arrivée d’un conflit « interne » qui lance les pérégrinations de Pepe. Chez Kafka il y a certes un conflit, mais il est mis en sourdine.

La comparaison, si elle peut probablement être poussée (les premières phrases à voir déjà), ne le sera pas ici. Simplement savoir que le personnage de Joséphine, évoqué au détour de dialogues entre Pepe et d’autres souris, correspond effectivement à la figure qu’elle avait chez Kafka (par exemple et pour être rapide : « les membres de mon peuple accédèrent ou firent semblant d’accéder à ses caprices. » (p. 60, le gaucho insupportable, collection titres, Christian Bourgois) alors que toute une partie, sinon l’entièreté du texte de Kafka repose sur la position ambiguë à plus d’un point qu’elle entretient par rapport aux autres (à toutes les autres) souris, chantant selon un art que l’on ne comprend pas parmi ses congénères et se méprenant elle-même sur cet art).

Le policier des souris est aussi, à son échelle, une petite Partie des crimes.

~

Je suis amoureux. Je ne sais pas de qui, c'était un rêve.

17.3.08

fond de tiroir




Stockholm. Chrono : 00h00.

Shlomo, prolo pochtron (consos : grog, coco, porto, kro), sot ostrogoth, cochon folk, clodo. Tôt (oh !—00h00, oh!, borgnon) ; trot. Topo : trop d’solos, trop d’pornos gonzo, trop d’mono : rognons d’plomb, donc propos : condo d’Otto Gordon, doctor (job : procto) d’Oslo (Nor.). Toc toc toc.
Shlomo, non lord, tord son poncho. Floc, boxon. Son sol (Otto) cochon, Otto grognon. Consolons donc Otto : scotch !, sort John (d’Oxford, job : fox-trot), poto homo d’Otto.
(Oblomov (d’Rostov-on-Don, job : non)) —Tonnons, Ô rognons, dot d’Otto. Shlomo, gros porc, pompons donc nos mojotos ! nos bocks d’ponch ! nos pots d’ rhom !
(Shlomo) —Mojotos ? Ponch ? Rhom ? wow—boh, gobons donc ! Bol d’or.
Posons nos grolls, ’bsorbons scotch, Kölschs ; consommons nos bongs todos los nochos !
(Oblomov) —Todos los ?... Ho Ho, formons donc bons sons, conformons l’cocon. Ô logos ! Shlomo, proprons nos propos, prosodons nos mots, nos noms. Or donc, frottons nos cols d’consos. Tost ? hmmm…non.
(John (job : cosmos, zooms, bosons, photons, protons), d’London) —Grondons ! Montons, volons, Ô Thor, todo lo mondo, portons nos corps, nos cors, portons oh Ô Kooo Sooo Vooo—
(Otto) —Oh, John, gros con… Mon God… mort, rond, oh ! crott’, jodlons d’front. Osons, ronronnons, portons nos troncs. Hmmm, OH ! l’zoo, l’zoo (on not’rons cochons, bonobos, colocolos, ’boks, zokors, condors, trogons, kobs, pottos) bon bon, zonons, portons nos consos, hop, zoo, bordons clos, rompons porch’, fonçons !
(Shlomo) —Oh ! Lors, mon rognon ? mon popo, mon fond ?
(Oblomov, to Otto, mollo) —Otto, ordonnons l’zoo, on s’torchons d’son rognon. Com’ on.
(Otto) —O.K., comptons : Ô Pothos, Ô Cronos.
Bon, Sorts consol’ront son rognon…
Shlomo s’morfond.
So… zoo ! box control, Otto, box control. Hosto (non trognon).
—Bongo !
—Non.
BOOM.
Ton d’tromblon !

So long, Shlomo.

8.3.08

OH YEAH

7'07.401

ça faisait trois ans
je peux faire mieux d'au moins cinq secondes je suppose

5.3.08

snow

Mr. America nudges you and mutters under the others’ noise: “Detail! Detail! Game’s built on it, don’t miss it!” A friend, after all.
So think. Stickleback. Freshwater fish. Freshwater fish: green seaman. Seaman: semen. Yes, but green: raw ? spoiled ? vigorous ? Stickle: stubble. Or maybe scruple. Back: Bach: Bacchus: baccate: berry. Raw berry ? Strawberry ? Maybe. Sticky berry in the raw ? In the raw: bare. Bare berry: beriberi. Also bearberry, the dog rose, dogberry. Dogberry: the constable, yes, right, the constable in . . . what ? Comedy of errors! Yes! No.



Réaction 1) (indéfinie) Mais ?
Réaction 2) (pseudo-nerd) OMGWTFBBQ !!1!

Le début allait déjà en ce sens (la maison en pain d’épice revisitée, le pauvre Morris poursuivi), mais tomber sur « Panel Game », la première des SEVEN EXEMPLARY FICTIONS (dédicacées à don Miguel Cervantès Saavedra) de Pricksongs & Descants, fait quand même un peu mal au visage, entremêlant les expressions faciales d’yeux écarquillés et de bouche et joues distendues. Disons que les zygomatiques gagnent par abandon. Un jeu télévisée, situation a priori des plus banales (mais absurde en soi), est ici. Est poussé à l’extrême. Tiens, prenons Borges. Dans ses fictions (la bibliothèque de Babel et Tlön Uqbar Orbis Tertius en tête), la situation de base est extrême, la description suit, on peut même dire qu’elle (la langue) tente de s’accommoder de l’originalité de la situation, de l’appréhender comme elle peut. Ici l’inverse ; la situation de base est somme toute assez habituelle, mais les raisonnements qui la font fonctionner turbinent à plein régime, rendant l’ensemble grotesque mais jamais bancal, la description devenant un outil fabuleux voguant entre les réponses des candidats (dans le désordre : Mr. America, un Vieux Clown et une Adorable Dame, accompagnés assez vite d’un Participant sorti du public sans qu’il l’ait vraiment demandé) et les approximations cérébrales filant plus vite que Masato Yoshino* pour former une toile torique s’enroulant autour de la parlotte effective et des réponses données au présentateur.
Le reste du recueil et les six autres tout[es] aussi exemplaires fictions sont aussi folles, les choses semi-affreuses (The Marker et Jason qui baise sa femme pas très consentante, The Wayfarer dans lequel un mec un peu muet se fait dézinguer sans qu’on sache pourquoi, The Hat Act et son tour de magie étrange) ou moins, souvent en un seul lieu (celles justes citées, puis celle encore plus restreinte qui se déroule dans un ascenseur ou le déluge en intérieur (sous deux aspects : réellement à l’intérieur, dans une maison, et sous une forme de courant de conscience) qui se déroule dans The Brother ou globalement toutes les autres), chaque fois divers[e] et directe dans les formes, rapides et efficaces, drôles et folles, le problème est que bien souvent je me limite à ne rien noter et à pousser des gros what the fuck haha étouffés et que mes mots partent autre part, j’espère qu’ils vont aussi bien que ceux de meussieu Coover.
Petit à petit je fixe ou crois fixer les thèmes sur des moments précis mais tout échappe assez vite. On cerne mais il est impossible de vraiment coller, tout glisse ou plutôt on s’aperçoit qu’on est déjà en bas d’une pente, pataugeant alors que le reste glisse.
[…]

Traitement de l’histoire en tant que donnée connue, déjà intégrée en tant que légende. C’est tellement évident devant The Gingerbread House par exemple qu’on n’y prête que peu attention. Le conte est connu, Hansel et Gretel allaient dans une maison de pain d’épice : cette version de Coover ne peut exister que comme variation. Cette ? Ces, toujours plusieurs. Puis avec les pages on suppute qu’il y a quelque chose de connexe, comme si beaucoup (ou toutes) des histoires existaient en tant que réécritures ou approfondissements (spin-off pourquoi pas, c’est moderne) de textes et données existantes, inscrites dans un bagage culturel formé de morceaux chipés ici. Le déluge de The Brother est quelque part biblique (à un point où le seul fait d’utiliser le mot déluge renvoie à la Bible, on peut dire que The Brother va en ce sens). Les éléments, non pas décisifs à la compréhension parfaite d’une histoire contée à l’endroit et sans accrocs, mais plutôt ceux dont on ne parle jamais car totalement évidents, ne sont pas ici. Un peu comme si Coover partait du principe (avec évidemment une posture éclairée dessus, il y a faux présupposé que le lecteur connaît l’entour, avec une vraie (plus ou moins) supposition qu’il pourrait réellement les connaître) qu’ils ne sont pas totalement nécessaires. Conte de fée, légende, mythe, fond cosmologique. Romance of the thin man and the fat lady débute sur ces mots : « Now, many stories have been told, songs sung, about the Thin Man and the Fat Lady. », un des sous-entendus, lui aussi évident : vous les connaissez, personne n’a besoin de revenir sur les fondations de l’histoire. L’approche rapidement abordée après n’est qu’une vision des figures en marche, déjà en tant que symboles. Le reste de suivre, comme après tout beaucoup de contes classiques, existants dans des univers sans contexte réel, du moins en dehors depuis bien longtemps, comme des briques sorties d’un mur qu’on ne verra jamais plus et dans lequel on ne saura jamais vraiment les replacer, tant parce que la brique s’est modifiée que parce que les trous du murs se sont comblés. Si l’on veut pousser un peu, beaucoup (ou toutes, à divers niveaux) [de] ces histoires sont, à proprement parler, des contes. Oui, tout le monde le sait, c’est même marqué à l’arrière du bouquin, mais je ne l’avais pas lu, l’arrière du bouquin. The Magic Poker (le tisonnier magique, ahah ?), deuxième conte du bouquin, commence d’ailleurs par « Je me balade sur l’île, l’inventant. ». Ou plus proche du texte peut-être : « J’erre sur l’île, l’inventant. » L’histoire est au passage peut-être une de celles qui rend le mieux compte de cet aspect, usant du rituel et du mythe, de la légende en marche. Le contexte, l’extérieur est totalement contingent à la narration, l’histoire existe d’elle-même et n’a pas ce rapport au monde habituel que l’on retrouve souvent, tout le temps ailleurs, qui dans son extension maximale est toujours agréable mais ne fait qu’aborder à chaque fois ses propres limites. Techniquement, un bien grand mot certes, il n’y a pas de limites de ce genre dans les Pricksongs & Descants. Si il y a relation, elle est à un conte déjà existant, qu’il le soit effectivement ou non, et pas spécialement au monde. Il n’y a pas ici d’uchronie, passée présente ou future, ni d’univers parallèle (ce qui revient au même), mais des bulles sans tain qui flottent un peu n’importe où. Et c’est justement de cette habitude, du fait que la seule réponse valable à quelques unes des questions qui pourront se poser au fil des mots est « parce que c’est comme ça », que ces fictions explosent à la gueule par leur originalité et par leur force rapide, leurs mots gentillets et terribles, qu’elles remettent en question le spectacle établi et rendent à nouveau normal quelque chose d’inhabituel car basique. Normal lui-même redevenant, disons, imaginaire.

A pedestrian accident voit narré l’accident de Paul, renversé par un camion. Paul est écrasé mais vivant, seule sa tête et ses épaules dépassent de sous le camion, le conducteur se dédouane, la police arrive, la foule rit, on confond Paul avec quelqu’un d’autre, le conducteur se dédouane. Mais ?

Pour aller avec, il y a deux points majeurs à retenir. D’un côté les personnages et de l’autre les mots, pour ainsi dire. Les personnages eux aussi sont souvent dépouillés de contexte et agissent dans des mouvements déterminés qui les bloquent, plus fonctions ou rôles qu’êtres vivants faussement compliqués, et par extensions successives totalement réels et cohérents dans la logique qui les sous-tend. On peut voir comme un renforcement de cet état le fait qu’ils ne soient pas forcément nommés (cf. le Mr. America et ses compagnons déjà cités, mais bien d’autres aussi) et que, s’ils le sont, ils restent fatalement anonymes, rien ne leur apportant une identité à ce niveau. Pas innommables, mais l’apport, même avec une signification symbolique, d’un nom ne les change pas, il y a une sorte d’indifférenciation de leur posture, comme des objets qui seraient recouverts d’un nom générique et pas forcément juste parce qu’après tout, après y avoir songé et s’être trituré les méninges, on n’a pas pu retrouver leur nom exact.
Il semble d’ailleurs qu’ils ne se battent pas avec leur statut d’objet (qu’ils sont pourtant conscients d’entretenir) et auraient abandonné cette bataille depuis longtemps, depuis qu’on parle d’eux, chose qui date et qu’on devrait savoir, ou encore mieux qu’ils l’aient accepté pour le bon déroulement du texte, se permettant quelquefois de se foutre de nous.

Mais disons qu’on a peut-être un peu compris ce qui se passait à travers les lettres, qu’on est bien content d’avoir vu des choses en se demandant si on va toujours autant se poiler. Il suffit d’aller à la pénultième histoire, The Babysitter, pour voir qu’on n’a pas compris grand-chose : petit morceau d’hallucinations et de diffraction narrative, retournement de cervelet qui pourrait sembler un exercice un peu facile avec son lot de suspense (~?) salace et fallacieux, avec ses percussions terribles et sa fragmentation soupe au lait, mais n’en est rien, oh non strictement rien, tout est terrible et heureux et tout existe, tous les traits existent au milieu de leurs possibilités et de leurs impossibilités communes, que celui qui a tout compris à cette histoire (aux autres aussi) me fasse un signe de la main, oui de la main comme ça je ne le verrais peut-être pas. De quoi elle parle cette nouvelle ? Mais ? D’une babysitter, c’est évident.


*c’est lui. Il va vite. Bon la vidéo est, eh bien, hum, vous voyez, mais vers 00:20 on le voit courir.

Voilà, après coup je vois qu'on trouve aisément un article de William Gass sur ce bouquin.

1.3.08

"Où maintenant ? Quand maintenant ? Qui maintenant ?"

Je ne sais pas chez vous, mais tout ce nombre (les deux dernières unités sont des rebuts acculés en fond de rien) sur un fichier works (?) en Times New Roman en 12 ça m’impressionne, je crois que c’est cohérent ne sais pas ce que je pourrais en faire, ça n’est pas comme je voudrais mais ne peux pas encore mieux, pas encore, peut-être irai-je vous en donner des morceaux dans une, dans ma timide mansuétude (sic), je sais que ça ne ressemble pas à ce que je voudrais lire c’est tant mieux parfait même, les gens qui écrivent ou musiquent ou filment ou sculptent ou et cetera en espérant faire et parfois faisant même ce qu’ils aimeraient lire ou écouter ou voir ou et cetera ne méritent qu’un bûcher de brindilles sous leurs pieds-bots ; j’aimerais que ça soit plus proche de moi mais ne sais pas encore comment faire, ça viendra je suis jeune j’ai probablement le temps, du temps.

Je ne sais pas pourquoi vraiment [mode=1] mais odot je reparcours mois par mois tes mots bloggés et [mode=+∞] la musique m’échappe mais d’un coup je vois ça et au 14 juin le titre « je suis dans la chambre de ma mère » et j’ai immédiatement presque un sourire idiot de cette phrase imprimée dans ma gueule, il me faut deux secondes pour me remémorer d’où elle sort vraiment, deux secondes accélérées le sourire s’accentue et je vais reprendre le bouquin, caché au milieu de ses comparses, en main, petit poche magique, j’espère que vous avez pu sentir comme moi les choses qui sont dans ce bouquin, l’idée de ne pas avoir de temps, on était un 31 décembre je me souviens, le soir promettait l’alcool et je me suis avancé pour ne pas en lire trop enfin, comme disons passées cinq pages se dire qu’on va s’arrêter à la fin du paragraphe, il est long ce n’est encore que le deuxième du chapitre, être allongé et ne pas vraiment voir avant un moment que tout cela dure, disons une page à la minute, dure depuis quelques quarts d’heure, ne pas répondre au téléphone et ne pas même bouger alors que le dos commence à emmerder, position fixe comme glué, les jambes suivent on est bien content qu’un chat ne gratte pas à la porte, ça fait mal mais on continue, on pleure sans larmes devant les pages tournées, il faut deux heures peut-être avant d’effectivement se relever et encore un temps pour s’y habituer vraiment, parfois quand je me lève j’ai la tête qui tourne, j’imagine que le changement est trop brusque il faut que je me retienne à un coin de mur, ici l’allongement encore épuisant, les mots les cailloux la reptation, le vélo oui et les yeux voyant autre part, j’espère que pour vous ça a été le même genre de sensation, ankylosé mais heureux, juste content de savoir, d’approcher un peu du savoir et de suivre la beauté fluide et lourde des mots, sentir le bloc se transformer en mousse abrupte et tout équilibrer. je—est-ce que zettels traum se trouve ? tout le monde a l’air content de préciser que ça pèse neuf kilos.


D’ailleurs ça me rappelle ça.


20.2.08

ignition

Occupé à bref*.

Supposition que vous êtes déjà au courant.
On le brûle ou pas ?

Je vote oui. Ou non. En fait je sais pas trop. Mais oui quand même.


*écrire des trucs idiots, regarder pour la première fois depuis bien longtemps une bonne partie du All-Star Game, regarder No Way Out, lire un peu, finir la saison 2 de Rome, d'autres choses qui ne vous regardent pas.

11.2.08

F.F.C.

GRAND EPIC TOMAHAWK WRESTLING & TOTAL MANŒUVRE IN LOW FREQUENCY (GETWETMILF) meets FREAK ROCKETMAN ABSOLUTE CHAMPION, FOR REALITY IS CRAZY (FRIC/FRAC) (with some ORIGINAL MANIA NIPPON ORGANISATION MANTRA NIGHT OSAKA MANDALAY (OM~NOM~NOM) guys) tonight, Mexico Yagé Epitomé Arena, 8 p.m.
—America vs. America (with some japanese dudes)

tortura vs. oxymore ;
ångström[1] affronte BART L.M.[2] dans un combat sans disqualification ;

Non liquet match
El Theria[3] affronte Le Roux[4];

tag team gang bang
Cannonball et J.R.[5] affrontent The Huberts : Hubert M. & Flat Hubert[6];

diamante vs. crocodilo
Joachim Joestar[7] affronte Dixon Maijstral[8]—le perdant sera noyé dans du lait de soja

perle vs. pimpin
WOFRAC TITLE
Dejah Hubris[9] affronte HLa[10]

ultimo hombre
Python[11]vs. Steve Run[12] vs. Pandaman[13] vs. Yorick[14] vs. Naked Crunch[15] vs. Masked Guffin[16] dans un match par élimination pour prétendre au titre ;

JUSTICE VERSUS LAW
OMEGA FRIC FRAC CHAMPIONSHIP
Armendo Lip[17] affronte Rocketman[18] pour le titre ultime de la FRIC/FRAC. Arbitre spécial : Galatea 2[19].



[1] Signature moves : Swedish Ström (STO) ; nano (crossface) ; lariat ; german suplex. Finishing move : Spectrum (Shooting Star Press)
[2] Signature moves : dead father (full nelson slam) ; Blanche Neige (sleeper hold), missile dropkick, big boot, sharpshooter. Finishing move : 40-60 (450° splash, transformé pour les besoins sémantiques à dix degrés de plus)
[3] Signature moves : Lucky! (rear naked choke) ; Laramazov (brainbuster) ; MVMD (turnbuckle powerbomb). Finishing move : Endgame (Olympic Slam)
[4] Signature moves : lollipop (Bronco buster) ; Rapunzel (gogoplata) ; Adultère (low blow) ; sidewalk slam. Finishing move : Dragonville (dragonrana).
[5] Tag team special moves : Charpentier (double flapjack) ; PLUS (Shining Wizard de Cannonball, suivi par un frog splash de J.R.). J.R. est également connu pour utiliser son Agapē (belly to belly suplex). Cannonball pour son cannonball splash, cela va de soi.
[6] Tag team special moves : PYRE (powerbomb de Hubert M. immédiatement suivi d’un frog splash de Flat) ; hello madame (second rope standing moonsault side slam/spanish fly). L’un comme l’autre sont connus pour l’Ardeur (sambo suplex).
[7] Signature moves : Ocean Stone (boston crab) ; Stardust Crusade (bridging grounded double chikenwing) ; Stand alone (stinger splash) ; Lisa Lisa (double underhook DDT) ;. Finishing moves : Golden Wind (vertical suplex side slam/Shouten) ; ORA (Ganso Bomb).
[8] Signatures moves : Lining (dropkick) ; jazzy (german suplex) ; Shambala (standing shooting star press) ; military press ; huracanrana. Finishing move : Gravity’s Rainbow (~torture rack into a leg cradle half nelson driver).
[9] Signature moves : diadème (frankensteiner) ; avril rouge (bulldog) ; spear. Finishing move : HELIUM (powerbomb).
[10] Signature moves : halfway to heaven (running powerslam) ; Phlegme (missile dropkick) ; backbreaker ; boston crab. Finishing move : EGG (chokeslam).
[11] Signature moves : Saint Cosmos (iconoclasm) ; mittelwerke (double knee backbreaker) ; leg lariat. Finishing move Good Morning MEXICO : (over the shoulder belly to back piledriver).
[12] Signature moves : Hi guyz! (top rope double stomp) ; steel slam (sidewalk slam) ; spinebuster ; legdrop. Finishing move : madhatter bomb (sitout powerbomb).
[13] Signature moves : Pixie (springboard dropkick) ; SAMBA! (T-Bone suplex) ; Pandriver (piledriver) ; STO. Finishing move : Doskoï Panda (muscle buster).
[14] Signature moves : Poor fool (cross-legged cradle suplex) ; g’day mat (backdrop) ; infinite jest (big boot). Finishing move : T.A.D.A. (frog splash).
[15] Signature moves : GO WEST (superkick) ; ejaculation (chokeslam) ; enzuigiri ; spinning lariat. Finishing move : Blue Drug (backdrop driver).
[16] Signature moves : El Queen (death valley driver) ; bartender puh-lease (top rope sommersault). Finishing move : magic kingdom (tiger bomb pin) ; Boswell 8 (fireman’s carry drop into a high knee strike to the face/Go 2 sleep).
[17] Signature moves : moustache (fisherman’s suplex), envers (german suplex), e-clipse (tiger driver ’91). Finishing move : A.W.O.L. (inverted Death Valley Driver/Burning Hammer)
[18] Signature moves : 555 (Samoan Drop) ; banananananana (running DDT) ; HRMK (Camel Clutch) ; (low blow). Finishing move : V-2 (vertical suplex cutter).
[19]Retraité à l’heure actuelle.


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Face à des récents événements géopolitiques d'ampleur radicale, ce qui aurait probablement été posté de toute façon se voit modifié en conséquence. Pas trop non plus, étant donné qu'inventer des noms me fatiguait (j'avais quand même un pedro babybel). Pour information, Cyborg S., un autre, n'en fait pas partie. Pour les quelques qui ont quelques minutes à perdre, les finishing moves renvoient à des vidéos youtube pour voir ce que c'est, en gros.

"Who said who to what now ?"

Bien, une pause imposée dans un flot (pages 504 à 535, une bonne partie du chapitre XXXII - What In Love Or Sex Isn’t Odd ?, effectivement) d’anecdotes et de questions sur le sexe et la féminité, la masculinité aussi, un peu moins, l’amour, qui rappelle déjà l’essai fameux donné quelques centaines de pages plus tôt (chapitre XII - The Controversial Essay, bien nommé), papier publié dans Quink et qui a alors provoqué l’ire de quelques féministes, peut-être d’autres gens aussi sait-on jamais, qui débutait par le fabuleux « A creative women is an oxymoron. », phrase effectivement titillant sur la provocation pour entamer comme les cow-boys dans les saloons, qui m’a fait disons rire cinq bonnes minutes, titillant certes mais sans tituber, passant quarante pages durant le pourquoi du comment, aspects étonnants et pourtant évidents—bref, l’amour et le sexe sont bizarres, une flopée de choses pour nous convaincre que tout en eux l’est ; au niveau de la taille je suppose que c’est à peu près aussi long qu’une moitié ou deux tiers voire la totalité d’un bouquin comme Arrêter d’écrire, à la différence qu’ici les anecdotes, parfois déjà citées plus tôt d’ailleurs (par exemple le « Il n’y a pas de nom dans la langue anglaise pour désigner quelqu’un qui commet un inceste. » Peut-être insecte, oui. Y en a-t-il un en français ?) , sont dès le début entraînées dans la logique du texte existant avant, revêtent chacune une tension, s’accumulant pour surgir dans les questions relativement ouvertes posées, couvrant au passage la religion et l’histoire—

Reprenons, quelques jours plus tard, alors que je me suis bloqué à deux pages de la fin. Eugene Eyestones écrit sa chronique sexuelle, sort avec Laura Warholic pour, eh bien à la base on dirait qu’il ne sait pas réellement, chose étrange pour un analyste de son ordre, petit à petit on se doute qu’il s’en sert, sans vraiment le savoir, autant pour se plonger dans un échec, avoir des idées pour sa colonne, se plonger dans les bizarreries d’une Laura et ses millions de défauts, remplir. Il fait ça. Se baladent à travers les U.S. of A., parfois se font la gueule, Eyestones se veut gentil, ne fait qu’irriter. Voilà, Laura est volage, du moins assez peu fidèle, elle se—en gros il ne se passe pas grand’chose, discussions autour d’un café entre collègues, sur la Bible et les femmes, discussions à travers un téléphone, vadrouilles en bar lesbien, tout cela n’est qu’une base bien solide sur laquelle se forment des millions de choses, de connexions et de paroles maladives, échanges à la longueur ébouriffante dans le mal à chercher (rappelez-vous le procès à la fin des Frères Karamazov, les plaidoiries et relancées effrayantes, dont la longueur jouait avec les nerfs, avec le temps réel, créant en soi un décalage malade, il est probablement impossible de s’exprimer autant, avec tant d’éloquence on n’en parle même pas, les tempos toujours présents, les invectives en groupes de mots se répondant à demi-heures de distance, distances, rebonds d’ombres, d’une manière générale tout Dostoïevski et ses personnages discourant en large, peut-être un Aliocha qui dira à son frère qu’il est pressé mais prendra les moments qu’il faut pour évoquer, prendra le feu pour le transmettre avant de repartir espérant avoir brûlé celui en face, peut-être plus actuellement et moins longuement meussieu P. Roth), les listes géniales d’informations ou de gens, de types, une foule un monde se créent en trois lignes, une population hétéroclite pourtant réunie autour de traits, de communs, une telle densité à chaque page, laissant sa traînée pour les suivantes.
Quelque chose de terrible est arrivé.
Terrible aussi mais constant, le bruit qui gêne des amis et collègues un peu dégueulasses, des autres mecs, enculés notoires, antisémites raisonneurs, mais attendez, on peut estimer que tout cela est bien long, 878 pages serrées, avec il est vrai ici et là quelques notes de musiques, que « on aurait pu couper facilement 200 pages ». Pourquoi pas. Le principal problème de ce bouquin, c’est sa cohérence absolue, qui rend toute velléité de découpage caduque : vouloir retirer 200 pages, 100 ou moins même, c’est probablement ne pas avoir envie de lire Laura Warholic dans son entier, ne pas le lire. Il n’y a pas, à proprement parler, de temps mort. Ni de « mou au milieu », ni de vagues d’intérêt, les passages ne s’intégrant qu’à peine à l’histoire arrivant et suivant la même logique que le reste. C’est à prendre d’un bloc, pas linéaire forcément, à l’inverse en lire quelques passages ici ou là peut donner une idée générale, avoir lu l’ensemble du roman, hors les informations, avec seulement un douzième effectif est selon toute vraisemblance possible. Pourtant, si le blocage de ce type est moins grave, il n’en reste pas moins gênant : ne serait-ce que pour suivre un peu E² (Eugene Eyestones), voir la façon dont ses mono- et dialogues cannibales s’intègrent, observer le mélange d’érudition et de rigolade, les sujets les plus graves et les comiques les plus crétins ou scabreux, les fonds de tiroirs et les fonds de culottes (tiroirs : les échanges poussés à coups de citations bibliques, les réflexions sur l’état de ceux unis d’Amérique, les théories sur le relationnel entre genres, on pourra aussi apprendre que la pédiophilie est l’attirance pour les poupées, que le « psychrotentigineux » est sexuellement excité par le froid (en français c’est moins drôle, on dit un cryophile apparemment), qu’un autoassassinatophiliaque rêve de son propre meurtre (étonnant), etc. ; culottes : une fameuse virée dans un bar lesbien, les insultes à tout va, la bêtise et les fous, fanatiques et autres personnes pas spécialement recommandables, etc.), pas dans la pédanterie mais dans un traitement de la pédanterie, une façon de l’exposer avec dérision, la forcer pour perdre son caractère premier, l’exploser pour qu’elle devienne normale, rayonnante et rythmique, s’en servir comme d’un moteur et non un étal, c’est très… impressionnant, des vomissures sortant de personnages exagérés, peut-être pas tant que ça, éclats sales fleurissant rien n’a le temps de faner.
Ecluser la médiocrité, l’entrer pour imploser.

C’est un peu aussi Fermi et son paradoxe, étendu aux relations humaines[1]. Comment peut-on, même dilaté dans le temps, ne pas s’apercevoir plus tôt de ses erreurs, comment n'ont-elles pas surgi dans une nuit saucissonne ou un jour crâmé ? Pourquoi ne nous explosent-elles pas à la gueule plus tôt ? L’épiphanie n’en est que plus belle, mais pourquoi ? En avançant vers cette fin terrible, la réponse est au milieu des pages, dans les idées d’E², ses façons cultivées et son ouverture à serrure, sa recherche inversée, sa précision amoureuse, son éloquence coléreuse.


[1] En gros, « si les extraterrestres existent, où sont-ils ? Comment se fait-il qu’on ne les ait jamais vu ? S’ils sont assez malins, ils auraient déjà dû venir nous dire bonjour ». La réponse la plus simple étant qu’on n’a pas d’yeux. Je préfère ma version avec les voyages dans le temps (pas incompatible avec l’autre d’ailleurs).

8.2.08

08-02-08

Bordel ils parlent tous de musique je n’y connais rien. J’ai déjà pas assez d’argent pour me payer les bouquins que je veux je vais pas faire ça avec des disques en plus. Puis le téléchargement test c’est bien rigolo mais ça m’ennuie plus qu’autre chose. Encore fausto c’était gentil t’as posté une liste pop avec à peu près uniquement des trucs que je connaissais (même LCD soundsystem—bon je les avais découverts dans la bande-son de Burnout 3 je crois), mais avec vos trucs dès le nom du groupe je suis paumé et vu que j’ai pas de sous ni d’amis mélomanes eh ben voilà. De toute façon je suis incapable de parler de musique, à la limite toi lecteur tu ne perd pas grand’chose. Enfin quand même l’autre jour je suis passé à la fnac et ils faisaient des cédés à 7 euros, et 4 pour 20 euros si on est adhérent. Du coup je me suis dit que même si le choix allait être restreint je pouvais bien voir, m’en suis pris quatre, me suis fait adhérent au passage et en ai repris huit un peu après (alors que je prétends être pauvre). Si vous voulez y’avait dans le désordre :
· 2pac - All eyez on me
· Bob Dylan - Highway 61 revisited
· Sigur Ros (avec l’accent grave sur le o) - ( )
· The Strokes - Is This It
· The Strokes - Room on fire (vu que j’avais bien aimé Is This It)
· Snoop Dogg - Doggystyle
· Björk - Homogenic
· New Order - Brotherhood
· un truc avec une banane et Andy Warhol marqué dessus
· Dr. Dre - The Chronic
· otis redding - the dock of the bay

Là si t’as bien compté ça fait onze, et j’ai dit douze. Je te donne donc un conseil, que dis-je ! un PROTIP : un album avec marqué Lacuna Coil dessus n’est pas un album de Coil (un des seuls nom que j’ai vraiment retenu en me baladant ici et là) qui s’appelle Lacuna (je suis distrait).
Du coup je ne l’ai toujours pas sorti de son plastique.

Indications sur la personne qui écrit ce post :
- Dernier album acheté (avant ça) : Marie Antoinette Motion Picture Soundtrack
- Morceau le plus joué de mon winamp : Bow Wow Wow - Fools Rush In (Kevin Shields remix)
- Morceau le plus joué hors de la Marie Antoinette Motion Picture Soundtrack : The Cardigans - Lovefool (ahah).
- N'a pas winamp depuis très longtemps et n'est pas convaincu que les résultats soient convaincants.
- Aime le film Marie Antoinette.
- A trouvé son rythme de croisière pour Laura Warholic.
- A envie d’aller voir Cloverfield parce qu’il paraît que ça fait mal à la tête.
- A fait hier une traduction lipogrammatique d’une page de Salammbô.
- Va aller s'acheter madman bovary dans la journée s'il le peut.
- Vient d'apprendre qu'il est sorti hier.
- Mesure environ 1m77.