31.12.07

29.12.07

"It's a masked man [...] ask him what he wants, Tom."

James Boswell est jeune. Musclé. Vit avec son oncle. A eu un enfant, qu’il ne connaît pas. A peur de la mort. Ou peut-être de mourir. En tout cas, il croit en la mort, sait qu’elle existe. Il aime aller au club de gym. Dire « Because my heart is pure. ». Bizarrement, google vous indiquera qu’il était écossais, vivant au 18ème siècle, et surtout réel. Google est nul.


Quand il quitte son oncle, Boswell se retrouve à la rue. Coup de fil, sommeil compliqué chez un camarade musclé. Il écrit au « Grand Sandusky », un homme fort. Finalement, le rencontre, déçu mais sachant se requinquer. Puis continue. Boswell devient un catcheur, le « Playboy Masqué », gimmick de fils riche qui la nuit revêt son costume pour botter des fesses. Un soir, il doit se battre contre John Sallow, le « faucheur » (la faucheuse va très bien aussi, d’ailleurs si je me souviens bien, c’est « la faucheuse torve » son vrai nom de masque), brute désincarnée. Se fait presque tuer sur le ring. Ou plutôt meurt presque. Puis il récupère, et avance, apprend avec difficultés à devenir riche. De fil en aiguille, de combine en combine, Boswell rencontre tout le monde, se fait connaître ou reconduire à la sortie, s’il vous plaît monsieur c’est une soirée privée. Embobine un Prix Nobel, s’acoquine avec des cuisiniers en vue, marche vers les dirigeants secrets de ce monde. On ne sait trop comment—les connaissances la haute société doivent être un exemple magnifique d’induction (rapide)—, il épouse la dernière descendante des Médicis, la Principessa Margaret, Princesse de toutes les Italies, occasion d’un voyage à Rome, d’une virée sexuelle au Colisée, de rencontre jouée avec le fils de Mussolini, d’un ensemble de passages combinés incroyablement drôles. Boswell est stérile. Pourtant, si l’on a suivi, il a eu un enfant. Boswell est stressé, malade, abandonné, ses combines et sa nourriture spirituelle—par une persuasion de longue durée, il absorbe presque la reconnaissance publique des autres, la sienne n’ayant aucun intérêt, pour rester à son meilleur niveau—ont disparu depuis qu’il s’est fixé avec Margaret, s’obligeant à suivre des logiques pour admettre que son couple et les individus qui le forment (le couple) peuvent être normaux. Il lui faut reprendre, même si ça implique un départ de sa situation privilégiée (argent, famille, car en passant son fils s’est installé chez eux). Pour la fin, avancée, se débrouille afin de réunir les deux cents plus grands, en une soirée par mois, peut-être par trimestre. Et, pour l’ouverture, change leurs perspectives. Boswell n’est pas un rigolo.

26.12.07

en retard

" [...] but Alice had got so much into the way of being of expecting nothing but out-of-the-way things to happen, that it seemed quite dull and stupid for life to go on in the common way."

Lewis Carroll, Alice's Adventures in Wonderland.

21.12.07

still only 4 cents -- slightly higher on Mars



Note rapide sur Wilson : a consideration of the sources, de David Mamet (2000), avant d’attaquer, si cela est possible, la page 195.

Pour précis être, je ne sais pas en quelle année tout cela se trouve; 2100 et quelques, 2200, plus tard peut-être, les gens vivent sur Mars (ce qui permet d’avoir une référence directe à Edgar Rice Burroughs, la troisième que je croise de toutes mes lectures, assez peu nombreuses pour que cela soit remarqué); il y a eu des émeutes, internet est mort, la connaissance a été perdue, du moins pas totalement sinon comment saurait-on qu’elle l’a été ? Les référents les plus connus à quoi cela peut renvoyer consiste en Pale Fire (Feu Pâle, Vlad. Nabokov, pédophile pas même camouflé) d’un côté pour l’aspect reprise de choses et explications en notes prolixes, en Infinite Jest (pas traduit, David Foster Wallace, tennisman frustré) (qui fait lui aussi preuve d’une volubilité peu commune en ce qui concerne l’annotation) pour l’explosion et les sources citées à tout va, ainsi peut-être que pour l’avenir pervers phénomène, marqué par Coca-Cola (mon traitement de texte ne souligne pas de rouge le terme Coca-Cola, on est déjà foutu) et d’autres entités commerciales phagocytes, si extrêmes qu’elles combinent mieux même qu’aujourd’hui les bouts du spectre de la visibilité, peut-être encore aussi pour l’humour omniprésent—le plus souvent c’est un paysage après avalanche de comique qui est présenté, d’un humour qui fait plus penser « tiens, ça c’est drôle » que créer éclats de rire voire tapes douloureuses sur les genoux.
On me souffle dans l’oreillette que ça tiendrait également du La vie mode d’emploi, de notre ami Georges Perec. Je n’en sais rien.
Car tout ça glisse. Un ensemble de chapitres courts, dans un tout qui devient laborieux à aborder de bloc. Les sources, considérées, liées forcément et plus ou moins éparses retracent la toile mythologique et historique de ce qui a survécu, a passé, s’est crée sur les décombres. Poèmes, erreurs typographiques volontaires ou non formant des sens cachés, extraits, Histoire, événements, surface assez peu stable. La tentative d’éclairer la période obscure étudiée passe, dans son organisation, à un bordel peu compréhensible. Les idées fusent, s’annulent. Les fragments ont beaux être la seule forme à qui l’on peut faire confiance (Barthelme, see the moon, in Sixty stories (je cite de mémoire, il est incroyablement probable que le « fragments are the only form I trust » fasse partie d’une des 59 autres histoires)), arrive un moment où elle* ne suffit plus. De la même manière, le rasoir d’Occam ne sert pas forcément à grand’chose face à une situation sur laquelle un voile, deux voiles, trois voiles, quatre voiles, seize catamarans et quelques siècles sont tombés. Encore de la même manière, le fait de l’existence de l’observateur induit la non-réalité de ce qui est vu. Il devient impossible de récréer un passé objectif (même si personne n’a probablement jamais prétendu le faire, il est de bon ton de dire que l’histoire est celle donnée par les vainqueurs, tout en tentant de faire la part du lion, du tigre et de l’ours, etc.), impossible par conséquent, et ce même en utilisant le plus fin des tons doctorants (qui finit par s’annihiler, mangeant sa pertinence en digressant sur n’importe quoi sinon tout), de considérer la conséquence.

J’ai rien compris, je ne sais même pas si c’est un bon bouquin.


*la confiance.

20.12.07

Lou Thesz Press


Est dans les mots de Shelley Jackson une certaine élégance (élégance certaine), accompagnée d’un jeu presque forcé autour—forcé parce qu’on peut faire autrement, parce qu’elle sait faire autrement, sans être forcée par autre chose que sa nature à le faire; il n’y a pas à proprement parler de jeu, ce n’est peut-être qu’un autour, le reflet d’un miroir qui comme face à un vampire ne renverrait rien.
Il s’agit d’être autour du corps, dans le corps, sortant (phlegme, œuf, sperme) ou entrant (godemiché, signe extérieur qui a priori n’a aucun intérêt étant hors), voire restant, pulsant à l’intérieur (nerf, sang, graisse, qui pourraient eux aussi sortir; à un autre niveau cancer (hibernation) et fœtus (hibernation aussi, la toute première)) ou titillant l’extérieur (cheveux), même abstrait (sommeil, immatériel), d’autres ambigus finalement, prenant une double fonction de nourriture et d’éjection du corps (lait), sans qu’on sache réellement quel compte plus que l’autre, en prenant à rebours ou à l’endroit l’humeur (bile noire ou jaune, lymphe, sang) comme déterminant du comportement, ce qu’on ne fait plus, soit rapidement le couple des deux définitions de l’humeur, dont certaines histoires reprennent directement l’association (sang, phlegme, nerf) en titre et thème, alors que de plus grosses parties ne cachent pas leur classification (Colérique, Mélancolique, Flegmatique, Sanguin). Mélancolie, bile noire, atrabile, tristesse, ici anatomique. Et pourtant joyeux, sautillant; le ciel nous aime c’est pour ça qu’il pleut du lait; le phlegme ignoble retourné ici en une denrée à se pétrir les fesses et celles de ses amis avec, jouissif au-delà sa peu ragoûtante sécrétion; une histoire secrète du godemiché se laisse entendre à travers les âges, indexé banni ou reconnu.
Est là en les pages l’espèce de ressortie du corps qui s’extrait sa substance, la combinaison vers le haut, de l’œuf au fœtus illuminés qui ont leurs propres mouvements venus d’eux-mêmes, prenant les vibrations alentour, encore je ne sais vraiment qui de la joie ou de la tristesse est réellement le reflet inexistant du vampire, lui sanguin et incapable de s’épiler convenablement les sourcils, je ne sais pas—il semble que la joie mesurée souvent mesurable soit le miroir tandis que le reste s’observe, cherchant peut-être en multipliant les angles la coordination parfaite qui enverra une bribe de sa propre image, ici lait là sommeil ensemble reprise corporelle.

Envolée dans l’espace avec ces cœurs immenses ouvrant le tout qui, plus lourd que le poids et la réalité même, y font des trous dans lesquels on peut les pêcher, retour au sol avec de la chasse et des tampax, qui chasse qui ? on se croirait à renifler du crocodile dans les égouts. On se retourne en allant pisser au milieu de deux histoires, peut-être y a-t-il un œuf resté dans notre cuvette. L’élément pris comme base envahit (l’œuf, justement, grossissant, phagocytant l’espace physique puis mental d’Imogen et de Cass), se fait apprécier (le fœtus, chose étrange immobile et comme immuable, « ici pour nous servir », faisant s’épisser les fils d’amour et de douleur).

Il s’agit d’enlever la peau, de creuser un peu en accélérant l’écoulement. Tenter de voir à quoi nous sommes renvoyés, tant nous-mêmes que les mots, élégants donc, tenter de voir si nous sommes effectivement renvoyés, le miroir est vide pourtant plein de phlegme, visqueux on ne voit rien, on chasse les renvois devenant de nouveaux mythes corporels, s’accrochant désespérément aux circonvolu/locutions de matière grise, « méninges » n’est pas dedans, Jackson est dure, est mère, vous voyez bien l’analogie du cerveau, est peut-être pie ou arachnoïde, elle doit l’être dans une toile de fluides, tout commence malgré tout au cœur; et on tourne, on circuite, on transforme, vrille, tord, éclabousse en gerbes contrôlées, magie de la réincarnation impossible.
Sérieusement, qui voudrait se réincarner ? ne serait-ce que la forme pronominale est ignoble—on est, on ne se pas.


Ma foi, quand je vois que la partie Colérique comprend les histoires Œuf, Sperme et Fœtus, je me dis qu’elle n’est peut-être pas si joyeuse.


(nota : au hasard de lectures, je vois dans L’amour fou (André Breton, folio n°723, p. 51) cette note à propos de question en « Qu’est-ce que…? — C’est… » : Breton « Qu’est-ce que l’art ? » Giacometti « C’est une coquille blanche dans une cuvette d’eau. », chose renvoyant à travers le temps à la nouvelle ŒUF, quand cet œuf, sorti de l’œil d’Imogen et jeté aux toilettes, est oublié dans la cuvette, ça n’est pas dit mais il a pu être sciemment laissé là puis évoqué d’autre manière (évoqué en tant que révoqué, tout se tient), d’une « shocking color against pee yellow. », soit ce pauvre œuf de l’art perverti, dans un retournement: ce n’est pas le jaune pisse qui est dégoûtant mais plutôt l’œuf, déjà fascinant, qui mène la phrase)

(nota : pour ceux que ça intéresse, on trouve quelques unes des histoires (Cancer, Sleep, Dildo, Hair) sur le site de Shelley Jackson))

noël

Quand dans longtemps s'ils existent mes gamins abreuvés à tout et n'importe quoi au pied d'un sapin fin décembre me demanderont la curiosité pointant aux lèvres encore chocolatées pourquoi les juifs dans quelque période passée propice à l'euphémisme les juifs donc pourtant peuple élu n'utilisaient pas leurs étoiles jaunes comme des shurikens pour planter et découper des rondelles d'allemand je serai bien en peine de leur fournir une réponse convenable.

19.12.07

file d'attente/my dick is bigger than yours

Transfert d’untel, je me vois dans l’obligation de vous fournir une liste presque exhaustive des bouquins qui s’accumulent, achats plus rapides que lectures, sur ma table de nuit et nulle part ailleurs (sauf un).

Donc, dans le désordre. Alejo Carpentier, le siècle des lumières. Gogol, nouvelles de Pétersbourg. Voltaire, dictionnaire philosophique. Antonio Werli, mort et vie d’Armendo Lip (je ne sais pas ce que j’attends pour le lire). Fernando Pessoa, le banquier anarchiste. Thomas Bernhart, les mange-pas-cher. Sigmund Freud, sur le rêve (ahah, j'ai rêvé que Patrick Sébastien me téléphonait pour m'annoncer ma mort il y a trois ans, j'aimerais bien savoir ce que ça veut dire). Rudyard Kipling, Kim. Schopenhauer, esthétique et métaphysique. Arthur C. Clarke, 2001, l’odyssée de l’espace. Kafka, Amerika. Baudelaire, les fleurs du mal (qui traîne là depuis un moment). Nietzsche, Crépuscule des idoles. William Burroughs, les terres occidentales. Lydia Davis, c’est fini. David Mamet, Wilson, a consideration of the sources. Mark Twain, Adventures of Huckleberry Finn. Robert Coover, pricksongs and descants. Dickens, a tale of two cities. Richard Fariña, been down so long it looks like up to me. Hawthorne, the house of the seven gables (qui traîne là lui aussi depuis un moment). Lewis Carroll, Alice’s adventures in wonderland. Ernesto Sabato, le tunnel. Jack London, white fang and the call of the wild. Saul Bellow, le faiseur de pluie. Thomas Pynchon, against the day (n’est pas sur la table de nuit).

Ça commence à faire.
Aussi en route, dans un colis au-dessus du pacifique ou du lac Kir ; Alexander Theroux, Laura Warholic, or, the sexual intellectual. Paul Verhaeghen, Omega minor.

14.12.07

D.E.C.H.E.T.

Désirons Ensemble le Commencement de l’Hégémonie Extraordinaire de Tristero
Délicat Espoir Celui Hardi d’Empereur Tristero
Désirons Ensemble le Calme Haut Empire de Tristero
Désir Et Croyance de l’Haut Empire de Tristero
Discret Espoir du Calme Héraut Erudit Tristero
Dommage Empereur Celui Hautement Escompté est Tristero
Délicate Espérance Chaleur Hardie Empereur Tristero
Doucement Empereur Chante Haut Entre Tristero
Disperser Emietter Casser Hello Emperor Tristero !
Désirons l’Essentiel et Calme Haut Empire de Tristero
Demain Encore Couronne Hardie Embellira Tristero
Damnation Estivale Chaude Humide Emergera Tristero
Damnation Eternelle Ciblant Hobbits Emmerdant Tristero
Discréditons Expressément les Calembredaines Hardies des Ennemis de Tristero
Dépêchons l’Elaboration des Cigares et Humidors pour son Excellence Tristero
Drapé, Esprit Coloré, les Héros Espèrent Tristero
Dame ! Est-Ce l’Homo Expectus Tristero ?
Destruction Exprimée par Choix Hermétique d’Erratique Tristero


(que des rimes riches…)

Je suppute même la possibilité de mieux faire avec rebut ou détritus.

11.12.07

bonne chère

Pendant que je manque d'inspiration, autant poster des choses. Dans les jours suivants peut-être une ou deux citations des histoires de The Melancholy of Anatomy de Shelley Jackson parce que c'est foutrement bien (avec de la chance des citations traduites !), et pour l'instant une curiosité croisée au détour de pas grand'chose.


Oui, vous voyez bien : 2858,90€ (l'après virgule laisse à penser qu'il ne s'agit aucunement d'un problème de virgule). Alors qu'il coûte en réalité 29,95$ (et même pas 20$ en ce moment sur amazon). A moins qu'un étrange changement localisé soit intervenu, faisant d'un dollar une centaine d'euros, on se demande bien ce qui se passe. Vous devriez, avec un tantinet de chance, pouvoir échanger (notez qu'il est indiqué comme épuisé) à alapage perturbé quelques exemplaires achetés à 20$ pour le rondelet bénéfice net d'environ 2840€ (par bouquin) et ainsi arrondir vos fins de mois, voire préparer avec joie votre retraite. S'ils sont pointilleux, ils ne reprendront rien, étant donné le manque de concordance entre la couverture des bouquins que vous enverrez et celle présentée (bien plus enthousiasmante d'ailleurs). Mais, chance! ils n'ont pas l'air de l'être trop, pointilleux.

7.12.07

hum

Dans son dernier numéro, Chronicart souffle sa dixième bougie, soit l'occasion de revenir sur "10 ans de culture connectée" et de faire, au milieu d'aperçus rapides (hall of fame qui contient entre autres Volodine et Bolaño, Chris Ware et David B.), quelques top 10 des jeux, cédés ou films de la décennie en 7 passée, rien de moins.

En ce qui concerne les livres, on a ça :

1. Outremonde - Don DeLillo.
2. La famille Royale - William Vollmann.
3. Clémence Picot - Régis Jauffret.
4. Babylon Babies - Maurice Dantec.
5. Ma vie parmi les ombres - Richard Millet.
6. Identification des schémas - William Gibson.
7. Les Grands singes - Will Self.
8. Bartleby & Cie. - Enrique Vila-Matas.
9. Les particules élémentaires - Michel Houellebecq.
10. Lunar Park - Bret Easton Ellis.

A noter que je n'ai encore lu que deux sortis de cette liste, que je n'en pense rien étant donné que je range ce message sous la catégorie "info brute".
Eventuellement, toi qui passes ici, quel serait ton top ?

A noter aussi la quatrième place de 20th century boys dans le top 10 bande-dessinées. Une bonne blague.