30.8.07

La pynchonblague de la semaine.

quote

"I'll come along, if I may...?"
"Suture self, as the Medical Students like to say."
i
endquote

Un classique.
Mason and Dixon, page 20.
Si hum so funny.

"Quand tu arrives en haut de la montagne, continue de grimper."

Disons qu’O Révolutions est un roman sur l’impossible. Ou de l’impossible. Oui, plutôt. Pas en ce qui concerne ses particularités visuelles, de miroir, de tambour et du tremblement subséquent ; mais une impossibilité de communiquer, d’expliquer, d’empêcher, peut-être de sentir. De voir que le juste milieu, le milieu pile poil, n’existe pas. De choisir. D’être un là où on est deux ; d’être deux puisqu’on est un. Ineffable, indicible. Humain surtout. A partir de ce constat, les contraintes que s’est imposé Mark Z. Danielewski à la rédaction ou quelques unes d’entre elles au moins reprennent un nouveau rôle, touchant à une certaine précision, au moins d’un côté et de près, à ce qui ne peut s’exprimer, usant de possibilités pour parler de ce qui ne peut pas s’en servir. Démarche pas spécialement originale après tout, on sait depuis quelques temps que quelques gens grattent le monde et sa carte pour voir ce qui glisse ou non à partir de ses trous. Mais quand même.

Petit rappel de quelques aspects du bouquin : 360 pages en vis-à-vis (deux textes qui partent chacun d’un bout du livre, la première page (1) de l’un voyant inversée la dernière de l’autre (360)), deux personnages – Sam et Hailey – qui narrent chacun leur histoire, la même dans l’ensemble ; avec l’avancement des pages, le texte devient plus petit, comme s’éloignant du lecteur. Chaque page contient un nombre déterminé de mots (360 pour la majeure partie des pages) et possède chaque lettre O colorée (en vert pour Sam, en jaune pour Hailey—). Structure cyclique et pseudo-infinie. Je suppose qu’aller feuilleter le bouquin rendra ces quelques abscons mots plus clairs. Sachez au moins que pendant et après avoir lu, on peut s’exciter le kiki à trouver des rythmes à l’intérieur de pages (un certain type de poétique du son, de cadencement agencé aidé et désaidé par des brisures, rebonds, densité de portemanteaux à la page carrée, rimes déphasées, symétriques) et encore après si vous êtes atteints s’exciter un peu plus sur les correspondances et symétries, sur les nombres et les hasards qui n’en sont généralement pas vraiment—je ne suis pas atteint. Et convaincu ? Aux trois quarts dis-je.

Transiti—
On trouve chez Kafka cette phrase : « Il y a un but, mais pas de chemin. » (suivi de « Ce que nous nommons chemin est hésitation. »). Hailey, Sam aussi, ont eux un chemin, pourtant pas de but, ni même d’hésitations réelles. Un but qui est ce chemin, bordel. Sam n’est rien d’autre que Sam, 16 ans. Immortel. Pareil pour Hailey. Un nom, un âge, autant dire rien. Aut— —
Finalement, le plus étrange avec cette histoire divisée en deux n’est pas—ne sont pas les différences d’une version à l’autre, elle-même trop symétriques pour que « différences » soit un mot réellement approprié, ni même leurs ressemblances antithétiques, mais plutôt dira-t-on leur correspondance à un niveau temporel et spatial. Personnifications peut-être. Abstractions, mélanges, agrégats (un « Vous êtes métis. » en S256 et quelques vilains mots métaraciaux (sic) bien (ou mal) sentis lancés à l’adresse des deux vont en faveur de ce genre de sens, ou plutôt illustrent un sens qui s’admet au fil du texte). Admettre ça n’a pas forcément l’intérêt qu’on pourrait estimer à première vue (ça vaut pour ce qui suit autant que pour ce qui précède), mais les deux [aur]ont toujours seize ans. Ont choisi d’avoir seize ans, toujours, à jamais, étant donné qu’ils n’ont rien, ne sont pas. Seront toujours là, ont toujours été là, après la page 360, avant la page 1. Ils ont tués les milliers et millions de morts évoqués entre 1863 et 2063, ont fait naître les autres. Les animaux et végétaux s’évanescent à leur contact, ils créent et chient des montagnes. Forniquent partout. Leur simple passage à St. Louis ou partout finit en tempête de merde, et pourtant eux croisent l’espoir. Nouvel ou moribond, mais espoir.
Toujours.
« Mais noUS aussi sommes sans fin. » (S302)
« Parce que je n’existe pas. » (H341)
« NoUS sommes le temps. » (H243)
« Car maintenant
noUS sommes hors temps. NoUS sommes instant. » (S320)
Et ma préférée je crois ; « Elle est l’agonie des pierres. » (S270)
Cycle. Accéléré.
Sauf que. Qu’eux l’affirment ne suffit pas, n’a jamais suffi. Même si tout se vérifie.

Impossible.
Tangentes infinies, infimes, infâmes, infirmes, affirmées, fermées. Ces cercles, ces retours reviennent dans la démarche même du livre. Danielewski utilise une forme sensiblement nouvelle (ou au moins originale, pour ce que vaut le mot), de neufs yeux pour parler de thèmes anciens, classiques, antiques même, techniquement banals et déjà-vus au possible. Sauf que.
L’amour des deux ne s’explique pas, n’a pas d’explication. Pire pour certains et mieux pour moi, n'a pas besoin d'être expliqué, s'explique seul sans explication. Leur liberté, leur perte, leur fin, non plus. Et tous grandissent avec le temps. De même leur conscience en quelque sorte, incapable d’appréhender la fin, se croyant éternel et pourtant apercevant de mieux en mieux qu’elle arrivera. Leur lien, sorti de rien, est la seule chose qui existe et devient cette route qu’ils traversent, cette rupture diagonale entre les texte, croisant des gens sans noms, d’autres aux noms changeant (procédé aussi utilisé par exemple dans Le dimanche de la vie, de Raymond Queneau*, autant s'amuser hors texte), conduisant une voiture qui n’est jamais la même, une Ford T (—on peut en gagner une de 1915 en ayant son permis S totalement en or à Gran Turismo 4) ou une Range Rover, tout ça parce qu’on a perdu son cheval, donc son royaume ; pendant que leur propre temps impose son rythme au temps admis, que leurs mots deviennent les mots. Soit dit en passant, ils n’ont pas de montres. A moins que. Qu’il ait été décidé qu’elles ne figureraient ici que symboliquement. Après tout, l’on n’est plus à ça près. Il n’y a ni « or » dans la version originale, ni « ou » dans la version française. Contrainte qui passe assez facilement je suppose, gage de plus dans l’aspect exploseur de limites du texte.


Tout change, rien ne change. Le rythme ici crée renvoie nécessairement au début d’une boucle, d’une révolution, mais le propos ne veut pas, ne peut pas savoir où la cyclicité du Temps commence ni à quelle(s) échelle(s) elle existe vraiment, sans parler des rapports entre ces échelles.
Ainsi l’énorme S, placé au début de l’histoire de Sam, d’abord estimé comme une indication, amorce de l’histoire à suivre, devient—et de la même manière le H en Hailey—, si l’on tourne la dernière page de la partie opposée, un dernier hommage. La démarche en soi d’aller au-delà de la page 360 dépasse en quelque sorte les limites d’O Révolutions (et ce même s’il possède une date d’expiration en dehors des 360 pages et qu’il est à peu près stupide de limiter le cercle à 360° définitivement définis), mais ces ultimes H et S sont visibles de la page 360, par transparence, pas ici et toujours là, ajoutant une autre dose aux dernières lignes. Ainsi halos, olives, kriss et miels. Prospection d’un autre part jamais atteint, atteint à jamais. Jamais à deux. On a beau essayer. Mais. Finalement irréversible. Le cercle est tout, mais il n’a qu’un sens à la fois.


*Pour rester sur Queneau, on peut estimer une relation entre O Révolutions et son roman Les fleurs bleues. Dans les fleurs bleues, Cidrolin, un gugusse vivant sur une péniche dans les 60s, devient quand il s’endort le duc d’Auge, vivant je ne sais plus quand au Moyen-Age. Le duc devient bien sûr quand il s’endort Cidrolin, et finira, après quelques bonds dans le temps, par réellement le rejoindre. Ce thème est basé sur un apologue chinois bien connu (« Tchouang-tseu rêve qu'il est un papillon, mais n'est-ce point le papillon qui rêve qu'il est Tchouang-tseu ? »). De la même manière — alors que le texte de Queneau présentait des transitions subites qui avaient parfois le bonheur de ne même pas faire savoir au lecteur que de Cidrolin il était passé à Auge avant quelques lignes — exploité par sa forme de double lecture et ses accompagnements historiques, O Révolutions propose peut-être un Sam qui, quand il part, devient Hailey, et inversement, l’autre restant toujours proche, opposé, retourné, capoté.

25.8.07

ENTropique du Cancer.

L’erreur apparente la plus étrange d’Against the Day, la plus visible, la plus imposante, se situe peut-être à quelques pages de sa fin. Elle n’entame aucunement la fluidité (qui en soi m’étrange toujours vu le flux Pynchonien et sa densité) de la prose et n’a presque pas l’air d’un accroc. A la page 1074, aux lignes 25 à 31 se trouvent ces deux phrases :

« CROSSING A SEA newly perilous and contingent—no longer at the mercy of unknown longitude or unforeseen tempests but of U-boats, the terror of a crossing having now passed from God to the German navy, Reef, Stray and Ljubica returned to the U.S. pretending to be Italian immigrants. At Ellis Island, Reef, thinking both his English and Italian could get him in trouble wichever he spoke, remained indecisively mute long enough to have a large letter I, for Idiot, chalked on his back. »

Si je ne me souviens pas en détails des pérégrinations des protagonistes et avoue quelque flemme à relire des morceaux choisis qui s’apparenteraient à environ la moitié du roman voire plus, je sais et me souviens en revanche de quelques petites choses ;
-Stray (Estrella Briggs) et Reef ont bien un enfant, mais celui-ci se nomme Jesse.
-Ljubica est la fille de Reef, mais sa mère n’est autre que la régulière actuelle de Reef : Yash (Yashmeen Halfcourt).

Et sur un autre sujet ;
-Yashmeen n’est (au moins à l’intersection du sein du roman et de ma mémoire) jamais allée aux U.S. of A. Ljubica non plus. Reef, Stray et Jesse, par contre, si, et plus qu’un peu.

Il est après tout probable que cette distension entre la réalité du roman et ce qui y est écrit ne soit qu’une simple erreur, sortant d’on ne sait trop où. Mais sur quelque chose comme AtD, et même si c’est une erreur d’inattention qui a passé les étapes, autant en parler sur une logique stupide : c’est peut-être une erreur, commettons-en une éventuelle aussi.

L’erreur porte donc sur Stray. On pourrait considérer hasardeusement qu’elle est sur le nom Ljubica, mais c’est infirmé si besoin était par un passage quelques phrases plus loin :

« In a train depot up in Montana, during a snowstorm one day, who’d they [Reef, Yash et Ljubica] happen to run into but Frank, Stray and Jesse »
(page 1075 ; l. 8-10) Frank étant un des frères de Reef, qui a retrouvé Stray et Jesse une grosse cinquantaine de pages plus tôt.

Infirmé même si les pages d’AtD contiennent bien deux et non une unique Estrella.

Bref. Je suppose que le contexte s’évoque assez clairement dans la première phrase. On se situe aux alentours de 1920, juste après la première Guerre Mondiale. Reef, Yash donc et Ljubica, partant probablement de la Grèce (un rapide feuilletage m’indique qu’à la page 975, Reef est à Garitsa) ou d’un coin européen avoisinant, vont aux U.S. of A. en se faisant passer pour des immigrants italiens. Ils n’y « retournent » pas réellement—sauf Reef. Le début de la phrase et ses expressions de passage(s) (crossing, newly, no longer, etc.) d’un état à l’autre, couplé d’ailleurs au nom de famille de Reef (s’il est besoin de le préciser, Reef est Reef Traverse) et au passage futur en temps qu’immigrants créent une atmosphère de dédoublement, un des sujets principaux d’AtD. On peut supposer que Reef vogue lui-même entre les versions divergentes de ses mini-familles (Stray et Jesse ; Yash et Ljubica) à un point tel qu’il n’est plus foutu de se dépêtrer convenablement de ces/ses duos. Une autre possibilité, qui renverrait à un passage qui prévoit la transition magnifique entre les quatrième et cinquième parties du roman, voudrait que ce que l’on soit en train de suivre ne soit plus vraiment la réalité interne du roman, mais une réalité qui s’exerce avec l’appareil de Merle Rideout, qui permet en quelque sorte aux sujets d’une photo de peut-être vivre leur vie propre ; une supposition de ce genre peut finalement se tenir et qui nous donne encore le fameux et réjouissant virage à 90° dans le Temps, même si elle n’explique que peu la confusion (on a du mal à voir Reef retrouver Stray en Amérique ET Ljubica en Europe avant de repartir ensemble joyeusement), et présente une autre version des vingt dernières pages. Autre version qui, par la force des choses, serait diablement près de la version offerte par Thomas Pynchon.

Peut-être ce dédoublement de Yashmeen en Estrella est-il un des « minor adjustments » évoqués par Pynchon sur le rabat de la couverture… Comme si… as if Reef, avant même sa confusion et le I de craie écrit sur son dos, I pour Idiota, était déjà perturbé, déboussolé, par les majeurs changements passés, les modifications en cours et les changements mineurs — pour l’instant — à venir. Sans qu’on sache vraiment si tout cela se déroule désormais sur la Terre ou sur l’outre-Terre (contre-Terre, anti-Terre,…), les noms et les personnages [re]deviennent, alors même qu’ils devraient être plus tranquilles, totalement perdus et dépassés par un changement de décor, de situation, de temps, qui se traduit dans le calme, voire le grand ennui.

En prenant le texte à rebours, c’est par contre l’idiotie de Reef qui déteint sur le texte. Idiotie qui n’a rien de réellement fondée au moins à ce moment du roman. Hésitant entre l’italien (son plan et son soi-disant passé) et l’anglais (ce qu’il ne devrait pas savoir parler et sait pourtant), hésitant. Idiotie qui devient si crétin qu’il en confond les mères de ses gamins et dans l’ensemble un peu tout. Il va de soi que l’hypothèse de l’idiotie à rebours n’est que la perturbation sans rebours, le I étant d’ailleurs crayé par une main inconnue, invisible, impersonnelle voire inexistante. Cette idiotie qu’on lui adjoint de force n’est qu’une illustration de son propre dédoublement.

En étant un peu généreux d’imagination, on pourra aussi considérer que les [sur]noms STRAY et YASH présentent une certaine symétrie…


Si je savais de quoi je parlais, je pourrais affirmer que ce changement de nom est délibéré, que c’est un clin d’œil, une œillade, un coup de coude dans le bras même, pour nous exprimer la primauté de l’idée et du possible sur le fait pur et dur, même si cette idée fait partie d’un possible qui ne l’est pas ; une idée qui dépasse ce que nos définitions font de l’univers et ce que certaines autres, malgré l’autre chemin emprunté, ont aussi fait. Ou qu’il y a divergence entre ce qui se passe et ce qui se dit (la carte n’est pas le territoire, tout ça). Mais bon. Ou pire, sortir pour rigoler des histoires d’entropie. Mais bon.

23.8.07

Jojophonie.

Chronique de Golden Wind 2 (JoJo's Bizarre Adventure vol. 48), sorti normalement hier je crois, pas encore acheté, écrite il y a trois mois.
Lipogramme en E. Un peu laborieux.


JoJo’s, part (prononciation d’anglais (souci qualitatif d’application) riant) cinq, chant V., mistral brillant, d’or. Joli GioGio rital (rital) au stand vivant, finissant Blono (aux doigts collants si l’on croit son stand—sticky fingaz). Un (ou trois ou cinq) chicot(s) dudit Blono qui bondit au loin, aidant plus tard un Giorno plus clair, sans soucis, aux bras fusants (au thorax puissant !), fondant sur l’opposant qui fuit au long du trottoir. Tissu narratif captivant d’Hirohiko Araki, plaquant son cosmos vif sur folios noirs ou blancs.

La prolongation voit fissa l’un s’unir à l’auparavant distinct, pour un bloc futur sur la mafia, la contrariant dans son vil goût. Pour finir Gang Star, façon d’un bon brigand brillant dans l’azur, tuant (abolissant) potions du mal (LSD, crystal, opium, coco, xtasy : vrac stups—bouh !) à la fois, bonus joint au haut statut conçu (dans son citron à lui) par Blono, lui qui, junior (alors naïf) a vu. Un joli (mais faux, incognito, camouflant son lui) participant, donc à un clan (quasi la cosa nostra, gang au nom choisi ; « passion » : paris, potions, … ) transalpin, usant (GioGio) du poing pour son prochain. Pas au grand jour, on connaîtra ça plus tard, suivant tours autour du gang voulu mort.
Suit la confrontation, prison autour du contact. GioGio subtil. Polpo, mi-patron banal dans son air, laid, tout gros dans son cagibi cossu pour nain au bout du corridor. Patapouf biscornu, mafflu.
Polpo boit du cognac. Son stand Black Sabbath, noir, sortant sans savoir du mur, voguant sur gris du sol jusqu’à son but. Giorno suit l’audition qu’Polpo lui adjoint, un accroc du jour, façon zippo à surtout pas tarir, sinon fiasco brut. Atchoum ou blizzard soufflant trop fort : fin.

Koichi toujours par là, dans un coin, frais nippon qui a surgi sur un pays aux contours d’un godillot, suivant Giorno pour finir son travail du Japon. Impromptu, trouvant plus ou moins son butin (ravi par Giorno, cf. sirocco blond 1). Puis, cris (MUDA MUDA MUDA) dans la fin du jour du chafouin Giorno, contrant l’obscur inconnu qui l’a suivi jusqu’ici, attirant ainsi l’appui du joli (plus ou moins) gaillard nippon. Collaboration du duo.

Fin du topo. Toujours puissant. Bravo, hurrah, affirmation, confirmation du brio d’Araki.
Stands originaux, distinction là (dix fois cinq livraisons avant çui-ci, pourtant toujours chic, on dit parfois gay ou byzantin pour JoJo’s) pour Hirohiko Araki, qui haut la main poursuit son parcours, où banal pourrait toujours surgir. Bilan positif (plus—jamais l’affirmation d’un postulat nul ou vain pour JoJo’s n’a (ou n’aurait) pu voir garanti son vrai). Soyons laudatifs sur JoJo’s. L’art ardu amusant, piquant, passionnant (allons-y donc), don dudit Araki, fait toujours plaisir—son impact va par vivants trous au but.

Popsicle.

En me baladant rapidement hier pour repérer et commencer à faire briller ma CB, je suis passé avec quelque surprise devant plusieurs exemplaires poche tous frais tout neufs de L'homme qui apprenait lentement.


Donc sept euros, vingt deux ans après sa première parution française, évidemment avec seulement cinq nouvelles sur les six qu'on peut parfois trouver autre part, une traduction qui s'annonce peu réjouissante (je garde un souvenir peu convaincu des traductions de Michel Doury sur Gravity's Rainbow et The Crying of Lot 49...), et on prend.
  • Petite Pluie
  • Basse-Terres
  • Entropie
  • Sous la rose
  • Intégration secrète

Cinq nouvelles d'entre 1959 et 1964, avec une introduction du type je-regarde-ce-que-je-faisais-à-l-époque.

13.8.07

On the rohoad.

Sachez que je suis un petit malin. A à peine dix jours de la parution française, j’entame Only Revolutions…

Il paraît que la nature (ou l’Univers, ou Dieu, ou—) est une sphère infinie dont le centre est partout, la circonférence nulle part. Borges, dans ses Enquêtes (Otras Inquisiciones) nous donne d’ailleurs un petit topo historique de cette expression et des quelques mots différents qui la débutent (divergent aussi (surtout) les qualificatifs allant avec sphère), pour arriver à Pascal.
Circonférence, révolution, la différence est à peu de choses près inexistante. Nulle part et donc partout. Ce ne sont pas les O recouverts d’une housse olive (riez) d’O Révolutions qui feront mentir cette sphère infinie. Une pichenette sur le tour qui conduit à la spirale, le diamètre varié suffit. Ici, le tour, l’autour, les entours, l’alentour, la révolution, le Möbius retourné autant de fois que l’on veut.

Quoi qu’il en soit, Only Revolutions est un petit objet dans lequel on piochera dès les premières pages un nombre indéfini de clins d’œil intratextuels (bon, techniquement, on suppose que, même sans être défini ni infini, le nombre de clins d’œil non intratextuels est plus important). On pourra citer entre autres le fait que la partie Sam débute par les mots « Haloes ! Haleskarth ! », soit sensiblement pour le premier et même assez le second le nom Hailey, tout en supposant l’idée de révolution (un halo est généralement un cercle) ; la partie Hailey commençant quant à elle par « Samsara ! Samarra ! », Sam, qui n’oublie pas non plus le concept de tour, de circulation, de migration ; les fins des premières pages, l’une (Sam) par « Why don’t I have any shoes ? » (shoes commençant par le S de Sam et symbolisant le bas du corps, le bas tout court) et l’autre (Hailey, donc) par « Why don’t I have a hat ? » (le H de Hailey et le haut, dans une révolution déjà présente) (on notera d’ailleurs que le S comme le H (comme le O ou quelques autres (Z, X, I)) sont des lettres qui sont les mêmes une fois retournées) ; les phrases en miroir ; le rythme (rimes, placements, décalages) ; l’animal d’un côté, le végétal de l’autre, ainsi de suite. Sam vert, Hailey jaune(—le Haloes ! ne suppose que faiblement le jaune…qu’en est-il du Haleskarth ?...).

Il apparaît aussi qu’une des phrases-miroir (« Allmighty sixteen and so freeeeee. » (six (ben oui) E)) fait ressortir l’âge de Sam, d’Hailey, ainsi qu’une sorte de concept de l’affaire (ils sont jeunes, toujours jeunes, tout-puissants donc, etc.). Ces seize ans renvoient (il faut vouloir faire le rapprochement) à Rimbaud. Tant qu’on y est, hein. Concentrons-nous sur de petits détails, que ce soit plus drôle. A seize ans (presque pile), il écrit le dormeur du val. Sans trop pousser, on peut estimer qu’il y a rapprochement rigolo quand le mot « trou » est présent au premier et au dernier vers (d’abord simple « trou de verdure » puis double : « deux trous rouges »). On pourrait argutier, dégoûter l'agouti, sur les couleurs, mais en fait non.
Mais, car il y en a un, le tout est encore plus beau quand on sait que Rimbaud a écrit (en 1871 ou 1872 aussi) un poème intitulé Voyelles.

A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,
[…]
O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,
Silences traversés des Mondes et des Anges :
— O l’Oméga, rayon violet de Ses Yeux !

(vers 1, 12 à 14—le premier vers est d’ailleurs repris à une variation près dans Une Saison en Enfer)

Sans intérêt, non ?
Pourtant, drôle.
C'est pas tout ça. Maintenant, il faudrait peut-être que j'aille le lire (en suivant les conseils éditoriaux...; "Quand tu vois une grosse majuscule, retourne ton bouquin et reprend là où tu as laissé l'autre signet, après ç").

28.7.07

Tempête de merde.

L'auteur s'excuse par avance du caractère crétin (à quelques niveaux) de ce qui va suivre.



Finalem—heu c’est-à-dire qu’en gros il se peut que l’a
dicction (en puissance et/ou en acte) soit quand même le point centré d’Infinite Jest. Subtilement ou pas, elle et sa copine la "pursuite du bonheur" (sic) sont au milieu des pages, avec un David Foster Wallace qui louche tellement qu’il voit les deux côtés à la foi. Aussi et c’est peut-être pour ça que Dave W. n’est pas réellement atteint de strabisme, aussi donc les deux sont la même à peu de choses près—elles se ressemblent comme Isadora Duncan ressemble à Isidore Ducasse ou comme l’inverse.

Présentée sous diverses formes, allant des membres d’une sorte de centre de désintox (la Ennet House Drug and Alcohol Recovery House (mon dieu…)), les jeunes tennismen et -women qui pour certains se droguent à tout et n’importe quoi, au point pour Hal d’être encore plus entraîné par le fait de faire ses trucs en secret que par les résultats de ces mêmes trucs, ou encore l’entertainment ultime (samizdat) (en quelque sorte), l’infinite jest de feu James Incandenza qui divertit tellement qu’il en est comme létal… ; la poursuite, le fait et son résultat se confondent plus ou moins en une sorte de bouillie pleine de grumeaux méphitiques. Addiction qui découle probablement dans la lecture que pourra en faire tout un chacun ; la taille de l’objet, si elle ne peut prétendre à la nouveauté ni même vraiment à l’originalité, est néanmoins inhabituelle, la lecture demande un temps qui demande presque d’éviter toute lecture connexe si l’on se presse à l’avaler rapidement.

La chose gênante avec cette approche est que le bouquin est lui-même l’entertainment dont il parle, le divertissement ridiculement divertissant, s’en gaver est donc assez particulier. La chose drôle veut que cette approche d’intoxiqué soit accompagnée par une rigolardise sur le sujet, une comiquerie qui dit qu’en fait l’intox n’est pas là, plutôt elle l’est mais prise à un degré quelconque du moment que ce n’est pas le premier (ou plutôt comme toujours que le premier est là mais embourbé dans les dix-huit suivants). Distance inhérente à n’importe quelle lecture, mais qui revêt ici une forme sympathique, très métafictionnelle si l’on veut. DFW en offrant ses précisions de toutes sortes, ses digressions assenées avec un vrai faux vrai sérieux, offre avec elles un ton tendre comme un steak (tendre) (bon aussi tant qu’à faire) assez érudit et bon enfant qui ne découragera pas le lecteur (le national bestseller sur la couverture aurait pu ne jamais exister avec quelques légères modifications*) lambda, comme dit msieur Eggers dans sa préface. Bref.

IJ est long comme une course de fond (plus une marche athlétique qu’un marathon, étant donné l’esthétique (sic) de la chose) et se lit comme un espèce de sprint, sans que l’essoufflement existe même vraiment. Comme une course et contrairement à l’entertainment, aucun climax n’est présent. Etrange—un peu lourdingue et finalement plus foutrement cohérent que ce que le premier abord donne, mais aucune réelle montée vers un moment qui serait l’apex du truc, à moins peut-être de retourner au début du bouquin. Divertissement qui dépasse plus ou moins sont statut plus qu’assumé de divertissement. Reste à savoir, comme l’auteur et ses personnages se demandent dans quelle mesure James Incandenza non bref en gros à quel point David Foster Wallace use les touches de son clavier en proposant un détail d’un détail d’une histoire souvenue d’un personnage secondaire dans une prolixité (addiction) assez parfois malvenue au lieu de réellement faire avancer sa barque, et (à savoir toujours) si la barque en question a besoin d’avancer. Reconnaissons-le, si certains personnages sont comme qui dirait bien construit et dont l’évolution reste presque exemplaire du seul point de vue de leur construction en tant que personnages littéraires, l’ensemble souffre d’un manque d’approfondissement, le comble pour un roman qui se propose de donner des détails à foison. Que ce soit voulu (partiellement ou non) ne change pas véritablement le problème. Problème somme toute assez minime au vu du reste, de son portrait de quelques drogués en train de monter la pente, de drogués en roue libre dans la descente vers leurs enfers ou les dé-drogués tentant d’escalader la falaise dont ils se sont déjà bien cassé la gueule ; Hal finalement se trouve dans les deux premières positions évoquées. D’abord prenant ce qu’il prend comme ça, puis ayant quelque mal à s’en dépêtrer, puis étant passé de l’autre côté. « Call it something I ate. », dit-il dès le début du roman (qui chronologiquement est sa fin) (étant jeune, il a mangé une sorte de produit champignonneux qui pourrait être la cause à retardement de son état), comme une excuse pour son manque total de communication présentement présent—alors qu’il croit parler, il hurle. Excuse bien faible de son statut même de justification. On ira, parmi d’autres possibilités, se dire que c’est un juste retour de bâton gluant, du genre ‘la drogue c’est pas bien’ ou admettre qu’il a simplement craqué.

Hal, juste fils de son père, qui on se doit de le préciser encore, s’est suicidé en mettant sa tête dans un micro-ondes hermétiquement fermé (ou fixé) autour dudit crâne.


Peut-être l’autre personnage principal est-il Don Gately, qui occupe une bonne partie des dernières pages, lui sur la pente ascendante, même si dans un lit d’hôpital devant lutter comme un médecin philippin ( ? ) pour ne pas qu’on lui refile les choses qu’il veut éviter. Rêvant peut-être de Joelle van Dyne (anciennement petite amie d’Orin Incandenza et muse de James, Prettiest Girl Of All Time (P.G.O.A.T.), maintenant voilée parce qu’elle s’est pris un jet d’acide en pleine poire ,et en voie de désintoxication) et se remémorant son passé de B.I.M. (Big Indestructible Moron) jeune joueur de foot (comme Orin donc) puis ses chutes et son appartement sur le sol duquel lui et son pote Fackelman ( ?—j’écris tout ça sans relire ou rechercher dans le bouquin) pissaient (et désormais, dans son lit d’hôpital, il pisse dans un tube, l’opposition entre les deux états est une bonne idée, une drôle de bonne idée mais une idée sympathique).

L’addiction jusqu’à son paroxysme est peut-être poussée quand, dans des passages moins importants (façon de parler) du roman de jeunes canadiens jouent à sauter devant des trains, expliquant ainsi le manque de jambes des fameux A.F.R.—les Assassins des Fauteuils Rollents (sic)—qui pour les plus jeunes vont en fin de roman jouer au tennis, ou quand le père d’un protagoniste va devenir une sorte de fan absolu de M*A*S*H, absolu oui. L’addiction face à des substances plus classiques des autres, avec ou sans ce qu’on considère ou non comme des raisons de s’échapper.

Pas de réelle collision entre les trois histoires du roman (les jeunes joueurs de tennis ; les séparatistes en fauteuil ; les mi-désintoxiqués), mais des croisées dans un peu tous les sens, sans que le besoin de se faire se percuter les trois dépasse le reste (après tout, quel intérêt tout court et quel intérêt pour l’histoire elle-même ?). A a déjà rencontré B, dont la fille est la coiffeuse de l’ex-mari (comme dans les histoire de gens qui connaissent untel) de C, lui-même (pourquoi pas ?) totalement absorbé par les films de X, qui lui a déjà eu pour acteur Q, le neveu de K, fils de U (ancien amant de O) et de A. Ou plutôt, dans l’optique d’IJ ; A connaît B, B connaît C, A connaît C, mais le triangle entre les trois est à peu près vide.

Le triangle en question est 1) scalène, 2) à peine en réalité un triangle mais tout juste trois points plus ou moins fortement attachés entre eux, donc tout va donc pour le mieux. Le plus idiot étant que (et c’est aussi lié à l’absence de climax évoquée plus haut) l’on s’attend à voir les trois choses se télescoper, parce qu’« enfin bordel elle sont là », sans qu’il n’y ait de raisons valable de faire se rencontrer des terroristes cul-de-jatte cherchant une copie de l’infinite jest (soit l’entertainment ultime et fatal laissé par James), de jeunes joueurs de baballes même si on trouve la femme de James, son beau-frère et deux de ses fils là-bas, et des drogués en voie de guérison ( ? ) (même si son ancienne muse est avec eux). Feu J.O. Incandenza est le sommet (l’apex encore) un peu seul et évanescent d’une pyramide bancale, logeant le pic d’intensité du roman en-dehors de ses pages, un peu gênant comme situation. Le plus étrange étant qu’apparemment pour les gens blurbés derrière ou avant le roman, créer des attentes pour ne pas les tenir est INCROYABLE D’INTELLIGENCE CREATIVE etc. (mon dieu), DIABLEMENT ORIGINAL (ah) et peut-être même (couplé au style de Wallace) la prochaine étape de la fiction (avec une comparaison rapide à ce niveau avec Beckett, Pynchon et Gaddis—eh ben). Oui, un peu, et surtout non. Mais un peu.

Finalement, le seul personnage d’Orin (‘O.’—odot ?) semble appartenir à autre chose. Il est plus que certainement accro à quelques trucs (les conseils avisés d’Hal, les femmes par exemple), sans que son personnage pourtant équilibré d’une drôle de manière sombre ou émerge d’un type de folie induit par un trop-plein d’un quelque chose non recommandé. Ma foi. Orin in the sky with balloons. Ou sans—agités du bocal, des bocaux, buccaux voire anaux.
Explosion contrôlée. Explosion ? Comme cette tempête cliché qui renifle le drame et qui s'enfuit avec lui.
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*Sans vouloir taper dans la note à la Wallace, je dois signaler que j'ai trouvé un peu par hasard un exemplaire de son recueil de nouvelles brief interviews with hideous men, daté de '99 mais piochant probablement dans des choses écrites en même temps qu'infinite jest, et que même en tapant dans le plus violent, le plus lourd, le plus ennuyeux, le plus "je joue avec le quatrième mur", ça a l'air de se vendre aussi.

26.7.07

98.6%

Après une double-session (cinq ou six jours, trois semaines de pause, puis trois nouveaux jours) de lecture d’Infinite Jest, le roman est achevé. Avant d’en parler en long, large, circonférence, travers et surtout en diagonale, quelques citations piochées par-ci par-là (chez d’autres auteurs) qui me semblent avoir une certaine résonance avec IJ, pour quelque raison que ce soit, qui seront plus à leur aise toutes seules qu’avant un petit papier sur un autre roman (et comme ça, je peux en ajouter).

Bien évidemment, l’ordre de ces citations est très savamment étudié.

« You feel okay ?
No, I feel like shit.
It’ll get better.
Yeah.
Trust me.
Yeah. »
— James Frey, A Million Little Pieces.

« I awoke from the Sickness at the age of forty-five, calm and sane, and in reasonably good health except for a weakened liver and the look of borrowed flesh common to all who survive The Sickness. … Most survivors do not remember the delirium in detail. I apparently took detailed notes on sickness and delirium. I have no precise memory of writing the notes which have now been published under the title Naked Lunch. The title was suggested by Jack Kerouac. I did not understand what the title means until my recent recovery. The title means exactly what the words say: NAKED Lunch—a frozen moment when everyone sees what is on the end of every fork. »
—William Burroughs, Deposition: testimony concerning a sickness (1960).

« … j’en vis une puis deux puis trois crevant les confettis vert clair laissant juste dépasser le bout de leur tête avec leurs petits yeux gros comme des têtes d’épingle qui me regardaient il y avait un léger courant et j’en vis une dériver lentement se laissant entraîner entre les archipels de confettis agglutinés de la même couleur qu’elles on aurait dit un noyé écartelé la tête à demi hors de l’eau ses délicates petites pattes palmées ouvertes puis elle bougea et je ne la vis plus … »
— Claude Simon, LA ROUTE DES FLANDRES.

« Le regret qu’on les hommes du mauvais emploi du temps qu’ils ont déjà vécu, ne les conduit pas toujours à faire de celui qui leur reste à vivre, un meilleur usage. »
— La Bruyère, Les Caractères, XI, 46.


« Le soleil brillait, n’ayant pas d’alternative, sur le rien de neuf. »
— Samuel Beckett, MURPHY,—ouverture.

« Et ensuite se déchaîne une tempête de merde. »
—Roberto Bolaño, nocturne du chili.


Dans l’extrait de Claude Simon, ce qui est vu par le narrateur est une grenouille (puis deux, puis trois donc). Dans la Deposition de Burroughs, il y a bien à un moment quatre points (un premier, puis ceux de suspension—chose étrange qui se trouve finalement assez couramment). Voilà.

10.7.07

Pour toi, cheval




There’s naw—thing
-----lak po—ee try
it’s a delicacy
---for ----a horse:

Dere’s na—thing
----lak pea----nut-brittle
it’s a delicacy
---for ----the molars.

I ain't omnipotent and I don't want to X no Goddamn Barbiedoll.

Pour des raisons indépendantes de ma volonté, je n'ai pu lire que douze pages (environ) d'Infinite Jest depuis lundi dernier. C'est peu surtout comparé aux 550 environs de la semaine d'avant, ça prend du temps, c'est fait pour et si le temps manque—de ma volonté donc. D'un autre côté, ces raisons m'ont permis de lire l'Atrocity Exhibition de Ballard, environ un quart des Sixty Stories de Barthelme, quelques autres choses et hier soir rapidement environ trente pages du Temps où nous chantions, le genre de truc qui te fait ouvrir la bouche et baver sur tes pages tellement c'est bô.

Mais. reprenons. Après tout, comme disait à peu près l'autre; I like big books and I cannot lie, you other brothers can't deny, etc. Etc.

Vite.
Famille Incandenza. Harold (Hal), Mario (Booboo), Orin (O.), Avril (The Moms), feu James (Himself), même Charles Tavis (Tavis est anagramme de Vista).

Incandenza.

Incandenza = En cadence. Le rythme est un peu lourd mais fonctionne. Sur quelques pavés paragraphés et quelques phrases rebondeuses l’histoire entre tennis, détox et fauteuils roulants parcourt de longs trajets. Le découpage a parfois l'air un peu pataud (au niveau des chapitres — e.g. le premier qui pour l’instant est le plus tardif du point de vue de Cronos, qui laissait à penser un faux fourre-tout de vazévients entre l’année des barres chocolatées et l’année du Roi burger mais qui se limite (entre parenthèses et guillemets) à voguer sur celle des couches pour adultes et donc à un rigolard essai de "je vous montre la fin avant le début sauf qu'en fait la fin (le début) on s'en branle un peu. Déjà que le début était double), la chose dans son ensemble ressemble à une course de fond sprintée qui parfois (fois) se renverse des seaux de café pour continuer.

Incandenza = Incandescant. Là, limite étant donné que ça comprime et –presse en gros ce que je dirai peut-être dans le commentaire (ment) post-IJ, qui selon toute vraisemblance devrait arriver dans les quelques mois à venir (finalement je me suis aperçu que quand Dave Eggers dit dans sa préface qu’il l’a lu en un mois et qu’il n’a pas fait grand’chose d’autre, il avait bien raison, c’est un bouquin qui est ce dont il parle en demandant pas mal de temps et d’attention(s), à éviter de lire à doses médicamenteuses (ment) posologiquement régulièrement faibles, mais à prendre comme une espèce de drogue à haute doses quitte à frôler l’OD et passer par des trous des hauts des bas des collants passer donc par des périodes de manque). Mais

"I ain't omnipotent and I don't want to X no Goddamn Barbiedoll."
Ortho Stice, page 550. ça, c’est incandescant.


Incandenza = Inc. Bien trouvé et trouvé au milieu du bouquin en plusieurs exemplaires. Inc—incorporated. ça fait très imposant tout ça.
Flemme.

Incandenza = ink. En fait, non.

(En trois clics à partir d'un google Infinite Jest, on tombe sur des informations passionnantes;
"In Australia, Milky Way bars are also available in Banana flavor.")